‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 131 sur 420 · Une (raducUon latine du livre des Maximes des Saints · texte numérisé non relu

Une (raducUon latine du livre des Maximes des Saints

A M. l'archevêque DE PARIS (1697). 453

ne condamnera pas madame Guyon, sans détour, sans restriction, autant qu'il peut condamner.

Le père de La Chaise a voulu me voir. Le prétexte étoit une affaire pour Saint-Gyr, et la vraie raison, Tapologie du livre de M. de Cambrai, me disant pourtant qu'il y avoit quelques défauts ; mais que tout cela n^étoit que des bagatelles, et que je devois employer mon crédit pour obliger le roi à faire taire tout le monde. Ensuite il m'assura que si M. de Cambrai soutenoit tant soit peu madame Guyon et ses livres, il seroit contre lui, et que cette femme est très-dangereuse. Il me conta que c'étoit à lui que feu M. de Genève s'étoit adressé pour se défaire d'elle et du père de la Combe qui prôchoient l'un et l'antre des maximes qui renversoient l'Évangile. Vous voyez, monseigneur, si le bon père est au fait.

Je n'ai jamais pensé à transférer Vhôtel des décisions. Je ne croyois pas que ce nom eût été jusqu'à vous. Je vous rends mille grâces de la facilité que vous vouliez apporter à ce dessein.

J'ai des parents dans le cas de celui de madame de Brinon, qui meurent de faim ; et de plus je me mêle le moins qu'il m'est possible de ce qui regarde les bénéfices. Je n'ai point vu l'abbé de Caylus.

Le roi est très-content de votre lettre. Il me la montra d'abord et ne trouva pas que vous allassiez trop loin. Dieu veuille qu'il en profite ! Je vous rends mille grâces de la part que vous me donnez dans vos prières. J'en fais souvent pour vous. Madame la duchesse de Noailles ne voudroit-elle point venir ici, samedi, que nous reviendrons de Meudon? Elle

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pourroit y passer le dimanche et le lundi. Elle s'en retourneroit le mardi, et nous irons le mercredi à Marlyr Ce samedi dont je parle sera le 13 de ce mois. Vous m'avez promis, monseigneur, qu'elle viendroit après Pâques. J'ai envoyé chercher mademoiselle Païen pour venir ici à ténèbres avec la princesse ; mais on m'assure qu'elle est à Paris.

LETTRE CDLVII

A M. L» ARCHEVÊQUE DE PARIS'

30 avril 1697.

De la manière dont le roi m'a parlé ce soir, monseigneur, je doute encore moins que je ne faisois que vous ne deviez parler au père de La Chaise de ce qui regarde les confesseurs. Le roi n'aime pas le bruit; mais sa conscience est délicate en ce qu'il connoît et il trouve que vous avez raison. Vous pourrez faire dans la suite ce que vous croirez le meilleur; mais je voudrois que vous fissiez sentir aux jésuites qu'ils vous ont abandonné, et que les égards que vous aurez pour eux ne sont point forcés. Ils vous en ménageront peut-être davantage, peut-être aussi en seront-ils plus aigris. Je ne sais personne, monseigneur, qui ait autant de besoin que vous d'une mort continuelle à tout intérêt , car votre état est de fâcher tout le monde, et ce n'est pas voire tempérament. Je prie Dieu de tout mon cœur d'être votre force et votre consolation.

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