SUR LA CONVERSION DBS BU6UBN0TS
pargner ni soins ni argent pour leur trouver hors de chez eux la subsistance nécessaire : cela, dans tous les temps, demanderoit un grand examen pour former un plan général dont il ne faudroit plus se départir. Par cette conduite, on parviendroit à anéantir en France la religion prétendue réformée, et on pourroit la délivrer d'un mal dont elle souffre depuis longtemps.
Je n'entreprendrai point de réfuter en détail le mémoire qui m'a été communiqué ; j'observerai seulement que l'auteur y parle de zèle et de fidélité, comme si on avoit oublié tout ce que l'histoire rapporte de la conduite des huguenots depuis leur origine. N'ont-ils pas fait des guerres sanglantes à nos rois? n'ont-ils pas attiré plusieurs fois des armées étrangères? De ce règne ici, n'a-t-on pas découvert la suite de leurs mauvaises intentions par un acte secret de leurs synodes , dans un temps où ils espéroient que Gromweli pourroit les appuyer? Et ne voit-on pas encore aujourd'hui, par les lettres de ceux qui sont fugitifs, combien ils sont portés pour le prince d'Orange et pour les autres princes de leur religion? L'auteur du mémoire se trompe aussi quand il attribue la ligue des princes protestants aux mauvais traitements que les huguenots ont soufferts. Elle me paroîtroit plutôt un effet de leur politique, et une suite de la jalousie et de Kanimosité qu'ils ont conçues depuis longtemps contre la France.
L'auteur dit trop aussi quand il attribue la ruine du commerce, la disette de l'argent, la diminution
des manufactures et de la culture de la terre, à la seule retraite de ceux qui sont sortis du royaume. Il est vrai qu'elle a fort augmenté le mat , mais il avoit une source et une origine plus anciennes que ce qui est arrivé depuis la révocation de l'édit de Nantes.
a Ici cet écrit parait fini ; puis il y a quelques feuillets détachés, aussi de la main de madame de Maintenon, où est écrit ce qui suit : »
On ne croit point qu'il faille par aucune déclaration faire voir aux nouveaux convertis qu'on consent qu'ils demeurent dans leur religion.
Ce seroit leur faire voir que l'on désapprouve e^ que l'on se repent de ce que l'on a fait par rappor à eux.
Ce seroit les laisser maîtres de Téducation d leurs enfants, qui non-seulement les rendra de I même religion que leurs pères, mais qui hériteroi aussi du ressentiment et de l'aigreur qu'ils ont ( contre la personne du roi, et contre le gouverne ment.
C'est garder dans le royaume un grand nombi de gens qui ne seront jamais contents que l'exercii de leur religion ne soit rétabli, qui Tespéreroi toujours, qui désireront des temps fâcheux, q entreront dans toutes les révoltes, et qui, après i qui s'est passé, ne peuvent jamais être des sujc fidèles et affectionnés.
Si on fait revenir ceux qui sont sortis de Franc combien reprocheront-ils la foiblesse de ceux q