SUR LA CONVERSION DBS HUGUENOTS
ont abjuré, et combien leur feront-ils voir l'avantage qu'ils ont tiré de leur fermeté? puisque, sans avoir renoncé à leur religion, ils se trouvent dans le royaume avec le consentement du roi, jouissant de lenrs biens , et pouvant espérer dans de certaines conjonctures le rétablissement de leurs temples.
Il ne faudroit point changer de conduite à leur égard d'une manière qui les persuadât que Ton ne se soucie plus de les convertir, mais s'y prendre avec plus de douceur et d'uniformité. .
Conserver la même rigueur contre ceux qui s'assembleront ou se distingueront, mais fermer les yeux sur ceux qui ne vont point à la messe, sur ceux qui n'approchent point des sacrements, sur la manière dont ils meurent, et sur tout ce qu'on peut s'empêcher de voir.
Éviter surtout les spectacles qui donnent une idée de martyre, rien n'étant plus dangereux, tant pour les nouveaux convertis que pour les anciens.
Ne perdre jamais de vue le désir et le dessein de les convertir, s'y prendre avec des maximes solides, en faire un projet, le bien examiner, et le suivre doucement.
Confier ce que l'on veut aux intendants et aux évêques, afin qu'ils travaillent de concert.
Le plus grand bien seroit d'ôter les enfants; mais il faut accompagner ce dessein de beaucoup de discrétion.
On pourroit dans un temps de paix commencer par les pauvres, faire des hôpitaux dans chaque province , y recevoir les enfants que les parents y