‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 176 sur 420 · Œuvres de Racine, t. V · texte numérisé non relu

Œuvres de Racine, t. V

3. Après la paix de Ryswick, le roi, pour rétablir ses finances, it des taxes considérables sur tous les titulaires de charges de lances. Racine avait celle de trésorier de France à Moulins, et ttaxé à 10,000 liv.

3. Racine se disculpe d'avoir vu rarchevèque à causé des options jansénistes qu'on attribuait à lui-méne, ainii qn*h eè piréUt.

de fois VOUS avez dil que la meilleure qualité qae vous trouviez en moi, c'éloit une soumission d'enfant pour tout ce que l'Église croit et ordonne même dans les plus petites choses. J'ai fait par votre ordre plus de trois mille vers sur des sujets de piété; j'y ai parlé assurément de toute Tabondance de mon cœur et j'y ai mis tous les sentiments dont j*étoisIe plus rempli. Vous est-il jamais revenu qu*on y eut trouvé un seul endroit qui approchât de Perreurî

Pour la cabale qui est-ce qui n'en peut être accusé, si on accuse un homme aussi dévoué au roi qne je le suis, un homme qui passe sa vie à penser au roi, à s'informer des grandes actions du roi, et à inspirer aux autres les sentiments d'amour et d'admiration qu'il a pour le roi ? J'ose dire que les plus grands seigneurs m'ont bien plus recherché que je ne les recherchois moi-même; mais dans quelque compaguie que je me suis trouvé. Dieu m'a fait la grâce de ne rougir jamais ni du roi ni de l'Évangile. U y a des témoins encore vivants qui pourroient vous dire avec quel zèle on m'a vu souvent combattre de pe^ tits chagrins qui naissent dans l'esprit de gens qoe le roi a le plus comblés de ses grâces. Eh quoi ! ma-* dame, avec quelle conscience pourrai-je déposer à la postérité que ce grand prince n'admeltoit point les faux rapports contre les personnes qui lui étoientle plus inconnues, s'il faut que je fasse moi-même une si triste expérience du contraire ?

Mais je sais ce qui a pu donner lieu à une accusation si injuste. J'ai une tante qui est supérieure de Port-Royal, et à laquelle je crois avoir des obligations

infinies; c'est elle qui m'apprit à connoître Dieu dès mon enfance; et c'est elle aussi dont Dieu s'est servi )our me tirer des égarements et des misères où j'ai lé engagé pendant quinze années de ma vie. Elle a u recours à moi... Pouvois-je, sans être le dernier les hommes, lui refuser mes petits secours dans cetie lécessité? Mais à qui est-ce, madame, que je m'a- Iressai pour la secourir? J'allai trouver le père de ja Chaise et je lui représentai tout ce que je conloissois de l'élat de cette maison. Je n'ose pas croire pe je l'aie persuadé; mais il me parut très-content le ma franchise, et m'assura, eu m'embrassant, qu'il îeroit toute sa vie mon serviteur et mon ami.

Je vous puis protester devant Dieu que je ne conçois ni ne fréquente aucun homme qui soit suspect le la moindre nouveauté. Je passe ma vie le plus reiré que je puis dans ma famille; et ne suis, pour insi dire, dans le monde que lorsque je suis à Marly. e vous assure, madame, que l'état où je me trouve st très-digne de la compassion que je vous ai toumrs vue pour les malheureux. Je suis privé de honneur de vous voir; je n'ose presque plus compîr sur votre protection, qui est pourtant la seule ue j'aie tâché. de mériter. Je cherchois du moins ma onsolation dans mon travail ; mais jugez quelle amerime doit jeter sur le travail la pensée que ce môme rand prince dont je suis continuellement occupé me Bgarde peut-être comme un homme plus digne de sa olère que de ses bontés. Je suis, etc.

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