LETTRE XXXII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS*
12 septembre 1698.
J'ai montré tous vos papiers au roi, qui m'a dit qu'on avoit déjà parlé de celle lettre et qu'il n'y vouloit rien changer. Il l'auroit pourtant relue si elle avoit été en français. Mais à vous dire la vérité, monseigneur, le roi ne veut entendre parler d'affaires que par ses ministres; il ne trouve point bon que M. le nonce se soit adressé à moi. Faites-lui entendre raison là-dessus une fois pour toutes, je vous en conjure. Je ne puis que donner des maximes générales dans les occasions, et je ne puis rien sur les faits particuliers dont je n'entends presque pas parlera Je serois trop bien payée de l'esclavage où je suis si je pouvois faire quelque bien; mais, monseigneur, il n'y a qu'à gémir de voir comme les choses sont tournées. Je ne veux pas m'étendre davantage. Ce sujet me conduiroit trop loin.
Je vous prie, monseigneur, de dire à M. le nonce que je n'ose me mêler d'affaires, que je pense comme il me fait Thonneur de le croire, mais qu'il faut que mes sentiments soient renfermés dans moi-même. Je n'ai point l'honneur de lui écrire, parce que je crains de ne le pas faire comme je le dois, et tout ce qui passe par vous en devient meilleur.