A LA DUCUESSE DE NOAILLES
^ous en parlai à Saint-Joseph, à Yoiis-môme, et je le /•épétois aujourd'hui à madarae de Mainlenon , dans i'épanchcment de cœur où sa lettre m'a mise; car elle m'a dit tout ce que je souhailois d'elle, qui ne consisloit qu'à me montrer tout net que mon commerce ne lui convient point et que je n'en suis pas plus mal avec elle. Tout cela peut fort hien ôlre, et je le comprends si hien que je ne demande pas autre chose pour avoir l'esprit et le cœur en repos sur une personne qui y a fait trop d'impression pour n'y pas toujours tenir sa place. Et je ne saurois assez vous dire, à vous, madame, le hien que vous m'avez fait, en me levant un si pesant fardeau, qui, à souffrir ou à comhattre entièrement, étoit toujours fort pénible; je vous assure que je me sens soulagée d'une manière qui ne pouvoit jamais me venir que par l'éclaircissement que vous m'avez procuré; car des honnêtetés de traverse, des grâces même ne frappoient point au hut; il falloit reprendre les choses de plus loin, et par là y comprendre les suites. Gela est fait; je vous en remercie, et ne vous demande plus rien ni à madame de Maintenon non plus : elle m'a dit ce qui ne me pouvoit être dit que par elle, et qui autorisera tout ce que j'auraî hesoin de me dire à l'avenir. Je la prie aussi de croire en moi tout ce qu'elle m'y a vu de plus agréahle, et elle croira vrai. Je n'ai plus qu'à finir votre lettre par où j'ai fini la sienne, qui est que le silence entre elle et moi me devient agréable quand je sais qu'il lui convient. Pour vous, il n'en sera pas de même, car je chanterai vos louanges toute ma vie, quoi [que] je com-