‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 230 sur 420 · LETTRE XL · texte numérisé non relu

LETTRE XL

Da 30 novembre 1698.

Les affaires de M. de Cambrai m'affligent toujours, mais elles ne m'inquiètent plus, et j'attends dans une grande paix la décision du saint-siége. M. l'évoque de Meaux a montré par sa Relation du quiétisme la liaison qui est entre M. de Cambrai et madame Guyon, et que cette liaison est fondée snrla conformité de la doctrine ; on peut en voir le danger, étant soutenue d'un homme de telle vertu, d'un tel esprit, et dans un tel poste. Noos l'avons caché tant que nous avons espéré d'y apporter du remède ; nous l'avons découvert quand nous avons cru le devoir à l'Église : voilà ce qui dépendoit de nous, c'est à Dieu à faire le reste.

Celte affaire, ma très-chère, ne me fait point oublier la misère dont le peuple est menacé, et plût à Dieu pouvoir le soulager autant que j'en suis occupée. On prétend qu'on pensa tout gâter en 94, par l'ordre qu'on voulut mettre au blé, et qu'il ne faut jamais s'en mêler; on se plaint de ce que les usuriers

Page 1