Voir la lettre précédente
rences les plus importantes. Le livre de M. Geffroy renferme, outre ces lettres à madame de Maintenon, des lettres de la princesse des Ursins à la maréchale de Noailles, à Ghamillart, etc. Cette première lettre ne se trouve pas dans son recueil; elle ne porte pas de suscription.
Marie-Anne de la Trémoille était née en 1642. Elle fut mariée en i659 à Adrien de Talleyrand, prince de Chalais. Elle connut alors madame Scarron à l'hôtel d'Albret, et ces deux femmes , qui devaient, après des fortunes si diverses, 88 rencontrer dans le gouvernement de deux royaumes à la fin de leur carrière, conçurent dès lors l'une pour l'autre une grande estime. En 1663, le prince de Chalais fut forcé par un duel de se réfugier en Italie avec sa femme; il y mourut en 1669. Anne de la Trémoille se trouva veuve à vingt-huit ans. « Elle étoit jeune, belle, de beaucoup d'esprit, avec beaucoup de monde, de grâces et de langage. » {Saint-Simon, t. III, p. 161 .) Elle resta à Rome aimée ou protégée par le cardinal d'Estrées, qui, en 1674, lui fit épouser le duc de Bracciano, de la famille des Orsini, « le premier laïque de Rome, dit Saint-Simon, sans dispute d'aucun. » Elle vécut mal avec son mari, s'en sépara après quelques années, vint à Paris, où elle séjourna à différentes fois jusqu'en 1698, où le duc de Bracciano mourut. Elle retourna en Italie , recueillit les débris de la fortune de son mari, prit alors le nom de princesse des Ursins (Orsini), et mena à Rome une existence princière mêlée d'intrigues politiques, où elle servit constamment les intérêts français.
A l'époque où nous sommes arrivés, elle avait cinquantesept ans, et commençait à travailler en faveur de la France pour la succession de la monarchie espagnole. Elle recevait une pension de Louis XIV, avait gardé ses amitiés et ses relations avec la cour de France, mais on ne voit pas qu'elle ait eu, en ce temps, de correspondance avec madame de Maintenon. La principale de ses amies était, ce semble, la maréchale de Noailles, à qui probablement est adressée la lettre suivante :