‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 256 sur 420 · Manuscrits des Dames de Saint-Cyr · texte numérisé non relu

Manuscrits des Dames de Saint-Cyr

2. On lit dans le Journal de Dangeau à la dafe du 18 août : • Mademoiselle de Caylus, sœur de Caylus, menin de Monseigneur, et qui a 100,000 francs en mariage, épouse Lignerac, colonel d'infanterie, qui a 7 ou 8,000 liv, de rente de son père, el à qui Pabbé de Lignerac, son oncle, assure tout son bien. » (T. VU, p. 131.)

A MADAME LA COMTESSE DE CAYLUS (1699). 285

« Je m'attachai, malgré les remontrances de madame de

Mainlenon, à madame la Duchesse. Elle eut beau me dire

qu'il ne falloit rendre à ces gens-là que des respects et ne

jamais s'y attacher; que les fautes que madame la Duchesse

feroit retomberoient sur moi, et que les choses raisonnables

7'j'on trouveroit dans sa conduite ne seroient attribuées

'lu'à elle : je ne crus pas madame de Maintenon ; mon goût

^'emporta, je me livrai tout entière à madame la Duchesse,

ot je m'en trouvai mal.

« Pendant une campagne (<693) les dames suivirent le roi ^n partie... Madame la Duchesse ne suivit pas parce qu'elle étoit grosse : elle demeura à Versailles, et quoique je le fusse aussi, ce qui m'empêcha de suivre madame de Maintenon, on ne me permit pas de demeurer avec elle. Madame de Maintenon m'envoya avec madame de Montchevreuil à Saint- Germain, où je m'ennuyai, comme on peut croire. Il arriva qu'un jour étant allée rendre visite à madame la Duchesse, je lui parlai de mon ennui, et lui fis sans doute des portraits vifs de madame de Montchevreuil et de sa dévotion, qui lui firent assez d'impression pour en écrire à madame de Bouzzoles d'une manière qui me rendit auprès du roi beaucoup de mauvais offices. Le roi fut curieux de savoir sur quoi leur commerce pouvoit rouler; et malheureusement cet article qui me regardoit tomba ainsi entre ses mains. On regarda ces plaisanteries, qui m'avoient paru innocentes, comme très-criminelles; on y trouva de l'impiété, et elles disposèrent les esprits à recevoir les impressions désavantageuses qui mo firent enfin quitter la cour pour quelque temps. Ainsi madame de Maintenon avoit eu raison de m'avertir qu'il n'y avoit rien de bon à gagner avec ces gens-là. »

Madame de Caylus ne dit pas toute la vérité : « les impressions désavantageuses qui lui firent enfin quitter la cour » ne venaient pas de quelques plaisanteries sur madame de Montchevreuil, qui dataient de cinq ans, mais de sa liaison presque ouvertement déclarée avec le duc de Ville-

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