‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 264 sur 420 · A MADAME LA DUCHESSE DE NOAILLES · texte numérisé non relu

A MADAME LA DUCHESSE DE NOAILLES

d'ailleurs, j'aime toutes mes anciennes conuoissances. J'avois prié M. du Maine, qui m'apprit cette iiouvelle, d'en faire mes compliments dans sa famille, et même à madame de Maintenon. Je vous demande encore la même grâce, et de les faire de tous points selon qu'il conviendra. Je suis toujours embarrassée dans les occasions pour prendre une juste mesure dans mes démarches. Mon inclination me porteroit très-naturellement à me montrer directement à madame de Maintenon telle que je suis pour elle; cependant vous savez, madame, que mon commerce n'est pas de son goût. Cela soit dit sans reproches et sans agacerie; car je suis plus que satisfaite de ce que . je reçus d'elle l'année passée par votre moyen ; mais c'est pour vous montrer simplement qu'en effet je suis encore à démêler ce qu'il faut faire pour agréer; car quand j'ai suivi ma pente naturelle en me laissant oublier, j'ai trouvé qu'on me faisoit plus d'honneur que je ne pensois, et que l'on se souvenoit de moi pour blâmer ma conduite. Tout cela, joint à mon humeur paisible, me fait craindre tous les événements. Je voudrois que chacun demeurât comme il est, que Ton y fût content, et que l'on le fût aussi les uns des autres; il me semble que cela ne seroit pas si difficile, si chacun vouloit bien n'être occupé que de sa place, tant pour en jouir que pour se la rendre bonne; mais par malheur les tiers entrent toujours beaucoup plus en jeu qu'il ne convient.

A ce propos-là, on manda hier à madame de Castries que madame de Montmartre étoit morte. Je ne puis rappeler cette idée-là sans attendrissement pour

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TOUS et sans vous faire de nouveanK remerctments de votre chariuante conduite ; je l'ai fait valoir à m^ sœur, qui la trouve telle qu'elle est. Vous save^ comme elle a toujours été pour vous, et vous pouvez bien penser que vos honnêtetés ne diminuent pa £ sa tendresse. Nous ne faisons aucune démarche sa cette abbaye. Quand on en voudra donnera de bon- — ' nés religieuses expérimentées dans le gouvernement -^ on pourra jeter les yeux sur ma nièce de Vivonne ^ c'est à son mérite et à sa piélé à solliciter pour elle ^ car, pour moi, j'ai toujours craint de demander de^ bénéfices. Yous me trouverez peut-être aujourd'ha i dans des dispositions bien détachées; la bonne fét^ le comporte, et la suite des vapeurs dont j'ai été attaquée à Paris n'y nuit pas. N'en faites aucun usage, je vous supplie, madame, et croyez que c'est purement l'amitié que vous me témoignez qui vous attire cette confiance. Vous voudrez bien faire mille tendres compliments à M. le maréchal, et même à M. ^a^ chevéque; car je suis aussi contente d'eux que de vous, et c*est tout dire.

FR. DE ROCHECHOUART

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