LETTRE LXII
2 nOTembre 1699.
Il n*y a qu'à prendre patience sur les affaires de Rome comme en beaucoup d'autres. J'ai bien delà
U ÀHttMiraphe du cabinet de M. de Cambacérès.
A M. l'archevêque DE PARIS (1699) 297
joie de ce que l'affaire de la signature des docteurs s'est bien tournée ; j'en avois été alarmée sur ce que le roi m'en avoit dit.
Je suis bien contente de la promotion, parce qu'il me semble que vous l'approuverez, monseigneur, et qu'elle marque la considération que le roi a pour Vous. M. Tabbé de Fleury ^ n'étoit pas par lui seul un personnage à être sitôt évêque ^.
J'ai eu l'honneur de répondre comme vous quand on m'a dit que l'abbé de la Trappe vouloit reprendre sa démission^. Rien ne marque plus combien il est indigne de gouverner que le désir qu'il en a.
Je vous écris, monseigneur, aveç^ma chambre pleine : le roi, M. le duc de Bourgogne et toute leur suite y sont, et je suis un peu contrainte.
t. C'esl l'évêque de Fréjus, depuis cardinal et premier ministre 80U8 Louis XV.
2. Si vous ne l'aviez pas aidé, sous-entend madame de Maintenon. Cela semble justifier le récit de Saint-Simon, qui dit que le roi s'était but lé à ne pas donner d'évêché à l'abbé Fleury. « i\ n'es- Umoit pas sa conduite et disoit qu'il étoit trop dissipé, trop dans les bonnes compagnies, et que trop de gens lui parloient pour lui. 11 l'avoit souvent refusé. Le père de La Chaise y avoit échoué, et le roi s'étoit expliqué qu'il ne vouloit pins que personne lui eu parlât davantage... Il en étoit donc là, et sans moyen quelconque d'avancer ni de reculer, lorsque Fréjus vaqua. M. de Paris en prit si généreusement pitié que, malgré les défenses du roi, il se hasarda de faire encore une tentative. Elle fut mal reçue; mais le prélat fit effort de crédit et insista si fortement et si longtemps, que le roi, d'impatience, céda. »
3. Don Gervaise, qui avait succédé à l'abbé de Rancé. Voir sur cette démission, Saint-Simon, t. lY, p. 21 et suiv.
298 CORRESPONDANCE GÉNÉRAÏiE.