‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 33 sur 420 · Autographe du cabinet de Bi. le duc de Cambftcérè · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de Bi. le duc de Cambftcérè

A M. L*A1ICHEVEQCS DE PARIS (4695). 35

doit vous en parier et voas lai feriez an extrême plaisir, monseigneur, si voas pouviez le placer. Elle croit lai être obligée et ne peut le récompenser : jugez de ce que son cœur doit souffrir. On m'a encore priée de vous recommander M. Varet, vicaire de Saint- Eostache ; depuis longtemps il a servi plusieurs de mes proches dans leur conversion. Ce sont eux qui me pressent de lui rendre de bons oiBces auprès de . vous.

Vous n'en êtes pas encore quitte, monseigneur, car on veut croire que j'ai du crédit à Tarchevôché. La comtesse de Mailly veut que je vous présente le sieur Lallemant, receveur général de la généralité de Soissons. Il veut être votre fermier et, en vérité, je ne veux point qu'il le soit, et je me contente de vous le présenter, et de vous prier de lui dire que je vous ai parlé en sa faveur.

Voilà toutes mes affaires : voici les vôtres. Défiezvous, monseigneur, de tout le monde et particulièrement de M. le premier président qui est un ravaudeur ^ Il est venu parler au roi sur vous, sur la conduite que vous devez tenir en tout, et particulièrement sur le service de feu M. l'archevêque. Comptez, monseigneur^ que presque tous les hommes noient leurs parents et leurs amis pour dire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout. Ce pays-ci est effroyable, il n'y a pas de tête qui n'y tourne. Je ne vous raconte point ce

1. Un diseur de riens, un cancanier. C'est M. de Harlay que madame de Maintenon qualifie ainsi ; elle lui écrit pourtant des lettres de recommandations bien polies et presque affectueuses.

que le premier président a dit * parce que cela ne change rien à votre projet et qu'il convient que vous ne devez pas officier au service de feu M. Tarchevéque. Il a fort recommandé au roi de ne pas dire un mot de tout ce qu'il lui disoit. Jugez par ce soin s'il ne se doute pas lui-même qu'il n'a fait pas son devoir*.

Le roi de son côté m'a imposé un entier secret que je confie à mon évêque, parce que je le crois nécessaire^; mais souvenez-vous que ma confiance n'est que pour vous seul, et que si je pouvois croire que votre famille le sût, je serois plus circonspecte. Il y aura bien des choses que je consentirai à leur dire, et je suis rien moins que mystérieuse, mais le personnage que je veux faire avec vous doit ôlre ignoré de tout le monde, excepté de M. de Chartres pour qui je n'ai point de secret. Rassurez-moi làdessus, je vous en conjure, et pardonnez-moi la liberté avec laquelle je vous parle.

On parla encore hier de M. l'abbé de Noailles^. et

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