‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 339 sur 420 · G CORRESPONDANCE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

G CORRESPONDANCE GÉNÉRALE

LETTRE CXVl

A M. LE COMTE D'A^'EN»

Le 28 janvier 1701.

Si on nous a dit vrai, vous êtes présentement sur des mules^, peut-ôire assez fantasques pour broncher sous un roi d'Espagne, et encore plus volontiers sons un comte d'Ayen. Je crois, sans manquer au respect dû à ce grand prince, que votre voiture estassez ridicule'. Rien ne Test davantage que ces marches-là, quant elles sont sérieuses, et cependant on ne peut pas toujours rire. On est mouillé, crotté, pénétrédc froid et souvent environné de ceux à qui on aime le moins à parler. Votre poète est bien aussi embarrassé là qu'à suivre des cochons; mais vous joindrez les carrosses, et alors votre place si honorable se fera sentir. Notre roi d'Espagne soutiendra tous ces événements de son sang-froid, et ne perdra pas celte gravité dont il a été prévenu dès le ventre de madame sa mère. Vous faites très-bien d'épargner à la vôtre le louage de ces mules; effectivement, cet argent-là n'est pas trop bien employé. Cependant il faut prendre patience, c'est le remède à tout, et le remède dont on a le plus souvent besoin.

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