Auiofjraplie du cabinet de M. de Cambacérès
2. « n'Irun, Sa Majesté CuUioliquc ira jusqu'à Vittoria à cheval ou sur des mules, et à Viltorla elle montera en carrosse. » (Dan- Soau, t. Vin, p. 21.)
3. La lîeau nielle arrange ainsi cette phrase : « Celle voiture me pareil assez ridicule, el je le dirois si elle n'élait espagnole. •
A M. LE COMTE D*AYElf (1701 ]. 377
iMadame la duchesse de Guiche est allée à Fontainebleau au-devant de M. lecardinal*. J'espère le voit demain , au matin, et dtner ensuite avec lui chez M. Ghamillart , qui ne me parott pas enflé de sa grandeur. Je crains bien qu'elle ne lui coûte cher. Vous avez raison de regarder la liberté comme le plus grand bien dont les hommes puissent jouir. Ils n'en sont pas toujours les maîtres ; et ce qu'on peut faire de mieux, quand le corps est enchaîné, est de mettre son cœur et son esprit en liberté. J'en use ainsi présentement. Je garde madame la duchesse de Bourgogne, et pendant qu'elle écrit à M. son mari, j'écris à.mon cher neveu, ou plutôt à mon cher ami ; ce qui va chez moi bien loin devant les parents^. Montrez cet endroit de ma lettre au duc d'Harcourt, et qu'il voie la sérieuse estime que j'ai pour vous.
LETTRE CXVIl
A M. LE COiMTE D'AYEN ».
Ce 29 janvier 1701.
Vos relations et vos lettres m'ont fait pleurer, en me remettant devant les yeux la séparation que je comprends avoir été bien triste; mais il ne tiendra qu'au roi d'Espagne de donner la joie de le revoir.
1. ce M. le cardinal de Noailles arriva de Rome, et vint iel (oui droit avant que d'aller à Paris. » (Dangeau, t. VHI, p. 25.) 3. Madame de Maintenon a rarement de ees eflùalons de eœur. 3. Autographe du cabinet de M. de Ctmbaoérèe.
378 CORRESPONDANCE GÉNÉRALB.
Il est vrai que je sens une grande tendresse pour lui ; vous savez qu'elle est désintéressée, et que je ne suis pas flatteuse. Je fis une grande imprudence de le convier à passer les soirs dans mon cabinet; car s'il étoit parti de son aile, je n'aurois point connu tout ce que je vis en lui de vertu, de bonté, d'esprit, de douceur, et tout ce que vous voyez présentement. Les Espagnols sont fort heureux de l'avoir; et il paroît qu'ils le sentent bien. Remerciez-le de l'honneur qu'il me fait de se souvenir de moi. Je voudrois qu'il pût voir l'état de cet appartement qu'il connoît. Les dames lisent votre relation* : l'une pleure de tendresse, et l'autre se réjouit dç tout ce qui revient de lui; la duchesse de Bourgogne rappelle toutes ses complaisances, et le plaisir qu'il prenoit avec elle. Le roi n'a pas cessé de lui écrire depuis que sa lettre lui a été rendue. Je vous écris pour vous parler de lui, et je ne pense pas qu'on puisse en être plus occupé. Je suis ravie de tout ee que vous et le duc d'Harcourt m'en dites, et je crois avec vous que ce sera un grand roi ; Dieu le bénira, car il l'aime et le servira toute sa vie.
Le roi trouve très-bon que vous vous habilliez à Tespagnole, et que vous fassiez tout ce qui peut plaire au roi d'Espagne. Votre relation n'est point trop longue, et nous ne pouvons entendre trop parler des moindres détails de tout ce qui le regarde.
M. le cardinal de Noailles arriva hier au soir : j'ai dîné avec lui chez M. Chamillart. Son Eminence m'a