Voir plus loin, p
A M. LE COMTE D*A1EN (HOI). 379
dit que la princesse de Savoie* est fort jolie; il la Irouye petite, mais par la mesure que madame la douairière royale envoie, elle est plus grande que madame la duchesse de Bourgogne ne Tétoit à son âge.
Je voudrois savoir des nouvelles qui pussent réjouir le roi, car il sera ravi encore longtemps d'entendre parler de ce pays-ci. On va passer les jours gras à Marly; il y aura trois bals. Madame la duchesse de Bourgogne danse beaucoup mieux que Tannée passée ; la dame de carreau danse trèsbien, mais elle n'a plus celui qui la menoit, et il n'est pas aisé à remplacer. Mademoiselle de Bournonville est très-jolie. Le roi a condamné la comtesse d'Estrées à danser au bal par la disette où l'on se trouve. La princesse de Conti a déclaré qu'elle ne danseroil plus, et les dames de sa cabale suivent son exemple. Est-ce de Monseigneur que vous me demandez des nouvelles? car le nom étoit un peu difficile à lire ; il est en parfaite santé, et j'en suis plus contente que jamais : j*ai de grandes raisons pour cela. Nous irons peu à Marly ce carême, parce que le roi a de la peine à donner de la viande à tant de gens. Nous irons à Meudon, où les séjours sont plus courts; et pour faire plaisir à Monseigneur, qui, en vérité, mériteroit de plus grandes complaisances.
M. le cardinal nous apporte deux jubilés, qu'on donnera en différents temps; il failt aller à Paris pour gagner celui de l'année sainte. Votre oncle,
1 . Sœur de la duchesse de Bourgogne î et que Ton projetait à» marier à Pliilippe. V,
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courlisan alerte, qui connoît la peine que le roi auroit à y aller', a demandé une dispense au pape: il Ta accordée, mais nous ne savons encore si elle ne sera que personnelle, et si la cour n'y a point de part. Il faudroil que nous allassions tous passer quinze jours à Paris; ce qui ne laisseroit pas d'être assez incommode. Le roi a Trianon en tête ; la façon de parler n'est pas assez respectueuse, mais elle n'est que pour vous. II compte donc d'y aller cet été; et je n'en croîs rien.
Mes compliments à M. le duc d'Harcourt. Je vous ai donné tout mon temps, dans l'espérance que ma lettre amusera peut-être un moment le roi d'Espagne. Je répondrai, au premier jour, à M. l'ambassadeur. Dites, s'il vous plaît, à M. le marquis de Sézanne, que sa lettre m'a fait plaisir, et que je le prie de continuer. Adieu. Il est dix heures et je suis encore debout; et tout cela, pour ce roi^ à qui je désire toute sorte de bonheur, sans mélange de peine; ce qui n'est guère possible.