Autographe de la bibliothèque du Louvre
LETTRE CXXVII (Là B.)
Ce 2 mars 1701.
Je sais, j'ai prévu les discours qu'on a tenus contre M. de Ghamillart. Mais on ne sait pas qu'il a refusé la succession de M. de Barbezieux, et que le roi a voulu qu'il acceptât, parce qu'en temps de guerre il est bon d'avoir affaire à un seul. M. de Ghamillart est honnête homme ; s'il gouverne les finances du royaume comme celles de Saint-Cyr, nous ne trouverons pas à dire Colbert. Le roi lui a promis de partager avec lui le travail du département de la guerre ; cela seul a pu rassurer sa modestie. Madame la duchesse de Bourgogne a pi'is de l'affection pour lui, et il travaillera quelquefois avec M. le duc de Bourgogne pour le former. Ses manières honnêtes lui ont gagné tous les cœurs. 11 emploiera nos amis, et ne se fera pas un chagrin comme M. de Louvois et son fils de travailler avec le roi en bonne compagnie. Le comte d'Avaux négocie un accommodement; on doute fort qu'il y réussisse; cependant le roi est tranquille; il en sait plus que toute sa cour.
1. Celte lettre ne se trouve que dans la colleclion de La Beaamelle, édit. de Nancy, t. II, p. 106; édit. d'Amsterdam, t. H, p. 153. Louis Racine l'annote : je la crois très-fausse. D'après tout ce que nous avons dit des lettres à madame de Saint-Géranje pense qu'il est inutile de la discuter.
A M. LE COMTE d'ayen (4704). 413