‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 362 sur 420 · LETTRE CXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXVIII

A M. LE COMTE D'AYEN*

5 mars 1701.

G*esl un miracle que ce que nous voyons entre les Espagnols et les François. Dieu tourne les cœurs comme il lui plaît, et selon ses desseins. Je suis ravie de tout ce que vous me mandez du roi d'Espagne, et je n'en suis point surprise ; mais je voudrois bien qu'au milieu de ses grandeurs il ne mourût pas de faim. On mande qu'il n'a ni pain ni vin, et qu'il ne s'accoutumera jamais à la nourriture qu'on lui présente. Je voudrois bien lui en envoyer, car nous comptons pour beaucoup la bonne chère, comme vous savez.

Quand reviendrez-vous? L'entrée se fera-t-elle bientôt^? Songez-vous que, s'il y a de la guerre, vous ne ferez que passer à la cour? Vos lettres deviennent si rares, qu'il n'y a plus de plaisir à vous écrire. Noire pauvre duchesse de Quiche se consume dans la crainte de la guerre, et ne veut point attendre à s'affliger'. L'idée que j'ai du duc d'Harcourt est très-convenable à tout ce que vous me mandez ; c'est un honnête et habile homme. Adieu, je vous quitte pour lui écrire*.

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