‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 366 sur 420 · LETTRE CXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXI

A M. LE COMTE D'AYEN*

il mars 1701.

Il est temps de finir votre absence; je n'aime plus votre commerce, parce qu'il devient trop rare. Vous recevez trois lettres de moi à la fois, vous m'y répondez, et je ne me souviens point du tout de ce que je vous ai mandé. Nous sommes ravis de ce qui nous revient de votre roi ; il est aimé tendrement ici. Je travaille pour lui envoyer le portrait qu'il m'a ordonné de lui faire faire. Voici deux après-dîners que je reviens de Saint-Cyr pour obliger le roi à se faire peindre. La goulte est venue à notre secours, et sans elle nous ne l'aurions pas tenu trois ou quatre heures^ Faites-moi bien valoir auprès du roi d'Espagne de l'aimer mieux que Saint-Cyr, que j'aime pourtant plus que jamais. La tendresse qui est entre les Espagnols et les François est un vrai miracle ; Dieu tourne les cœurs comme il lui plaîL II faut bien les aimer pour leur pardonner la guerre qu'ils nous attirent, car on n'en doute presque plus ici.

Vous n'aviez pas besoin de la faveur pour en connoître les suites. Vous avez été gelé de froid sur un strapontin, pendant que votre poëte étoit dans le fond d'un bon carrosse; je voudrois le servir, mais

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