‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 384 sur 420 · A LA MERE MARIE-CONSTANCE (1701). 4S · texte numérisé non relu

A LA MERE MARIE-CONSTANCE (1701). 4S

révérende mère, par vous faire mes compliments sur ^otre supériorité. Je vous crois bien fâchée, et je n'ai pourtant pu m'empêcher d'en être bien aise. Vous savez, ma chère sœur, la dévotion que j'ai à la parabole des talents ; je veux qu'on les emploie pour les autres, et je sais combien vous êtes capable de gouverner. Consolez-vous donc par les grands biens que vous allez faire; je dois en juger par ceux que vous avez faits ici, et en espérer beaucoup davantage : je vous avois donné des filles imparfaites, et vous en avez d'admirables, si elles sont comme vous nous le» dépeignez.

J'ai fait tous vos compliments au roi, qui n'a point été surpris de votre élection, ayant tant entendu parler de votre capacité, et qui conserve pour vous toutes une grande estime ; il m'a bien ordonné de vous en assurer.

Vous voulez bien que je vous parle un peu de Saint-Cyr; il y a bien des nouvelles. J'ai voulu voir de près les classes, pour juger d'où vient le mal que nous trouvons dans les demoiselles qui ne peuvent soutenir le noviciat, et qui en tout ne pàroissent pas trop raisonnables. D y a quatre mois que je passe mes journées aux rouges^ et je vous écris des vertes^ dont je vais m'occuper^ Je crois qu'il faudra changer

1. Voici ce qu'on lit dans les Mémoire$ des Dames de Saînl* Cyr : « Madame de Maintenon donna anx classes une grande ap« plicaUon dans ce temps-là : elle fut presque deux ans à les stdfre du matin au soir, les jours qu'elle yenoit ici, qui étoient quail ious ceux de la semaine. Je Tai vue souyent arriver ayant ëx heures du malin, afln d'être au lever des demoiselles et laivre

l'ordre de leur journée ; il est trop rempli de dérangement et de récréations. Priez, je conjure, que nous prenions le bon parti. Les Dames de Saint-Louis sont fort zélées pour se livrer tout entières à l'éducation des demoiselles.

J'ai une grande envie d'aller à Ghaillot, et si ma santé revient un peu, je vous surprendrai un de ces jours. Je remercierai aussi vos sœurs de Strasbourg, qui m'ont fait un présent dont je suis toujours honteuse. Mille compliments à vos chères mères, je vous en supplie, et à ma sœur Marie-Élisabeth ; est-il vrai qu'elle est toujours malade?

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