‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 41 sur 420 · Autographe du cabinet de M. le duc de Cumbacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. le duc de Cumbacérès

2. La Beaumelle met ici : « Une si grande envie de vous développer riiomme énigmalique dont Dieu vous a chargé. »

joar de repos pour vous en le comparant à tout ce que vous faites. M. le chancelier me dit hier des merveilles de votre conduite et me fournit une occasion naturelle de dire bien des choses au roi qui seront utiles.

Je ne cesse de prier pour vous, monseigneur, et je m'y sens toujours portée.

LETTRE CCCLXXIX

A M. yARGHEVÊQUB DE PARIS».

21 décembre 1695.

Le roi approuve tout à fait ce que j ai eu Thonneur de vous dire, monseigneur, sur la table que vous pourriez tenir. Il goûte fort les démonstrations d'amitié pour les jésuites et sait par le bon père combien ceux de Châlons se louent de vous. Je lui ai glissé que vous les traiteriez bien, mais qu'ils ne vous gouverneroient pas et que c'est à vous à gouverner les autres. Il faut l'accoutumer à cette idée.

Le roi croit, mais non pas positivement, que M. de N... lui a dit qu'il vous avoit parlé de l'affaire de l'Université, Il trouve très- mal honnête qu'il ne l'ait pas fait et ne me paroît pas bien vif sur cette affaire dont M. le premier président l'a entretenu comme vous me l'avez dit. Ce n'étoit point malice, monseigneur; on avoit et Von a encore de véritables va-

!• Autographe du cahinel de M. le duc de Gambacérès,

peurs avec un chagrin qui est ordinaire dès qu'on a le moindre mal.

J'ai parlé fortement pour les carmélites; o?i m'a refusée d'abord sèchement, mais on ne m'a pas paru inflexible, quand j'ai dit que vous approuviez cet usage du bien d'Église et surtout pour un temps, et que j'ai appris les vœux de la reine. On m'a répliqué sur cette dernière raison qu'une femme ne pouvoit faire un vœu ou du moins l'accomplir sans la permission de son mari. J'ai répondu que cela pouvoit être en justice ; mais qu'il n'y avoit guère de particuliers avec de la religion qui n'acquittassent le vœu de leur femme, quand il n'incommodoit pas leurs affaires. S'il persiste à refuser, monseigneur, ce ne sera pas votre faute, et s'il accorde, ce sera vous à qui ces bonnes filles le devront.

J'ai oublié de vous dire qu'on dit que vous voulez ôter la foire Saint-Germain pendant le carême, et que le roi répondit que cela regardoit les juges séculiers.

En racontant au roi le refus que vous avez fait à M. de Montgon sur sa fille, il m'a dit : « Il faut que a M. l'archevêque fasse ce qu'il doit faire, et qu'il « laisse crier contre lui. » Il m'a demandé ensuite pourquoi vous avez refusé d'envoyer cette enfant ; il ignoroit qu'il fallût des raisons pour les dispenses. Il croyoit qu'elles dépendoient de votre volonté seule.

Je vous dis peut-être bien des choses inutiles, monseigneur, mais je ne songe qu'à bien vous instruire de ce que le roi pense sur toutes choses.

A M. l'archevêque DE PARIS (1695). 45

Voici une lettre qu'on lui a écrite il y a deux ou trois ans. II faudra me la rendre ; elle est bien faite. Mais de telles vérités ne peuvent le ramener : elles rirritent ou le découragent; il ne faut ni Tun ni l'autre, mais le conduire doucement où Ton veut le mener. J'ai dans Tesprit que si Ton ne Tavoit pas éloigné de moi, que nous aurions continué comme il commençoit il y a cinq ou six ans. Je ne méritoispas un tel bonheur et je serois bien contente s'il vous est réservé.

M. Fagon craint que le- mal de M. de Beauvilliers ne soit long ; j'espère que vous aurez bien soin de lui en cette occasion.

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