Il n'y avait pas à cette époque de demoiselle de Chaumont
point, VOUS me le direz sans détour; mais il me semble, que le bon ordre le demande. Je crains de prendre les choses trop vivement, et presqu'autant d*ôtre accusée de mollir mal à propos. Je suis vieille; je puis me prévenir; et à mon âge il n'est que trop ordinaire de se conduire comme une personne de Tautre siècle. Je me suis mise au-dessus des discours de ce pays-ci; mais je n'ai pas la même fermeté à l'égard des jugements qu'on porte de mes actions dans le pays où vous vivez^
APPENDICE A LA LETTBE GGCXGVII.
Six jours après la date que donne La Beaumelle à cette lettre si maladroitement inventée, un événement survint dans la vie de madame de Saint- Géran, avec lequel il est surprenant qu'il n'ait pas fabriqué quelque autre lettre : M. de Saint-Géran mourut (18 mars 1696). « M. de Saint-Géran, dit Dangeau, est mort le matin à Paris, en entrant à Saint-Paul : il est tombé aux pieds de son confesseur. (T. V. p. 380.)» Il venait de faire ses dévotions, dit Saint-Simon. Et il ajoute : « Il étoit gros, court et entassé, avec de gros yeux et de gros traits, qui ne promettoient rien moins que l'esprit qu'il avoit. Il avoit été auprès de quelques princes d'Allemagne, lieutenant général, chevalier de l'ordre en 1688, fort pauvre, presque toujours à la cour, mais peu de la cour, quoique dans les meilleures compagnies. Sa femme, charmante d'esprit et de corps, l'avoit été pour d'autres que pour lui; leur union étoit moins que médiocre. M, de Seignelay, entre autres, l'avoit fort aimée. Elle avoit toujours été recherchée dans ce qui rétoit le plus à la cour, et dame du palais de la reine, recherchée elle-même dans tout ce qu'elle avoit... Sa viduité ne l'aHligea pas ; elle ne sortoit pas de la cour, et n'avoit
à Sainl-Cyr, et madame de Saint-Géran n'avait rien à approuver de ce qui 8e passait dans cette maison.
1. Quel pays? u Elle ne sortoit pas de la cour et n'avoit pas d'autre demeure, » va nous dire Saint-Simon.
pas d'autre demeure. G'étoiten tout une femme d'excellente compagnie et extrêmement aimable, et qui fourmilloit d'amies et d'amis. » (T. I, p. i49.)
Nous avons vu ce qu'en dit madame de Maintenon dans la lettre cccxcvi, et dorénavant je crois superflu de démontrer la supercherie des lettres prétendues de madame de Maintenon à madame de Saint- Géran.
LETTRE CCCXCVIII
Ce 17 mars 1696.
Je Youlois avoir vu madame la marquise de Lassay, madame, avant de vous faire mes compliments, et à madame Fagon^, sur ce mariage tant désiré, tant promis, tant remis, et enfin conclu, à la satisfaction des deux amants^; Télëve de madame Fagon m'a