Œuvres dêFénelon, t. XXX, p
pas eu de peine à réclaircir par la seule exposition de mes sentiments. Je ne doute pas qu'il ne vous ep rende un compte âdèle. Cependant je suis bien aise de vous répéter dans ce billet les mêmes choses qu'il doit vous avoir rapportées. Je suis très- ignorant, madame, de la matière dont il s'agit, vous le savez, et que, par moi-môme, je serois incapable d'en juger. Mais depuis longtemps Dieu m'a fait la grâce d'être soumis à ceux qui ont autorité sur moi. Je n'ai donc ni répugnance à juger des livres de madame Guyon^ par la décision de mon pasteur, et je me soumets pleinement et sans restriction à la condamnation que M. l'archevêque de Paris en a faite. Je ne veux les excuser ni directement, ni indirectement, et dans les occasions je m'expliquerai toujours en conformité de ce que je vous marque ici.
Je ne vous parlerai plus, au reste, madame, de ce qui me regarde personnellement. Vous savez assez l'éloignement que j'ai toujours eu pour les nouveautés. Rien ne me paroît plus dangereux en fait de religion, et surtout j'ai regardé le quiétisme avec horreur, parce qu'il est contraire à la foi et qu'il détruit les bonnes mœurs.
Il est très-inutile que je m'étende ici sur cette matière. Je suis connu de vous, madame; vous êtes persuadée, et vous m'avez dit qu'il ne s'agissoit à mon égard que de m'expliquer nettement sur la condamnation qu'on a faite des livi*es de madame Guy on.
Si je n'étois certain que vous n'oublierez pas à faire voir au roi ce billet, je vous supplierois très-
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humblement de le lui montrer. Vous pouvez aussi, madame, en faire tel autre usage que vous jugerez convenable, et je vous en laisse maltresse absolue. Je suis avec mon respect ordinaire, etc.
LETTRE CDV
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»
13 avril 1696.
Je suis bien surprise, monseigneur, de ce que vous me dites de Tédit sur la juridiction ecclésiastique, car j'ai cru que ce qu'on y a réformé a voit été réglé par M. l'évêque de Meaux et M. le duc de Beauvilliers, et j'ai eu lieu de le croire.
Madame la princesse de N... me paroit une bonne femme se défiant d'elle-même et voulant prendre conseil. Je crois, monseigneur, qu'elle fera bien sous votre conduite.
Le père de La Chaise est venu me voir en m'apportant une lettre de cachet pour une fille de Saint- Cyr; il étoit gai, libre en sa taille, et sa visite avoit plus l'air d'une insulte que d'une honnêteté.
J'ai vu aussi le père de la Bourdonnaye qui me parla sur l'absolution comme vous auriez fait, monseigneur, me laissant entendre qu'il n'avoit nulle part à la communion que Monsieur a faite au jubilé. Il me dit que des personnes fort éclairées l'avoient empêché de quitter, disant qu'un autre n'auroit de longtemps la liberté et l'autorité qu'il avoit et qu'il pour-