Manuscrits des Dames de Saint-Cyr
2. « Le matin, pendant que le roi éloit au conseil, M. de Barbezieux enlra qui lui apporta la nouvelle d'une trêve signée en Piémont, pour trente jours à commencer du 10 de ce mois. Nous avons donné pour otages de cette trêve M. le comte de Tessé et le marquis de Liouzzoles, gendre de M. de Groissy. M. de Savoie a donné pour otages le comte de Tana et le marquis d'Aix. Le Pô servira de barrière entre les armées. M. de Savoie a envoyé aux alliés pour leur dire qu'il a été contraint de prendre ce parti-lù et les prie de vouloir accepter la neutralité pour l'Italie que le roi lui fait offrir. M. de Léganez, le prince Eugène, et Milord Galloway ont fait leurs remontrances en vain, m [DangeaUj t. V, p. 438.)
t]. Autographe de la Bibliothèque impériale.
 H. l'argueveque de Paris (1696). 105
répondu de son innocence, et je ne pois douter, monsieur, qu'il n'ait été trompé. Je ne puis me repentir aussi de toutes les sollicitations que je vous ai faites , monsieur, puisqu'elles m'ont attiré tant de marques de votre bonté, et donné des occasions de vous assurer, monsieur, qu'on ne peut vous honorer plus particulièrement, ni être plus que je le suis, votre, etc.
LETTRE CDXXI
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS «
ÀMarly, ce 3 août 1696.
Je n'ai plus parlé de mesdemoiselles de Gastelnault, monseigneur, ne voulant pas vous commettre à un nouveau refus. M. dePontchartrain fit mercredi une dernière tentative, et il fut refusé avec chagrin de la part du roi.
Le roi refuse les bonnes œuvres plus que jamais, et voici son raisonnement : il dit que ses aumônes ne sont que de nouvelles charges pour ses peuples; que plus il donnera, plus il prendra sur eux ; que ses aumônes sont sans mérite, puisqu'il ne les prend pas sur lui et qu'il n'en a ni plus ni moins, et le nécessaire, et tout ce qui lui est agréable ^. Je ne