‹ Correspondance inédite, 1819-1868; avec une notice biographique par Daniel BernardChapitre 54 sur 91 · Â THÉODORE RITTER · texte numérisé non relu

 THÉODORE RITTER

12 janvier I8î6.

Mon cher et très ch-^r Théodore,

Souvenez-vous du 12 janvier 1836!

C'est le jour oili, pour la première fois, vous avez abordé l'étude des merveilles de la grande musique dramatique, 011 vous avez entrevu les sublimités de Gluck !

Quant a moi, je n'oublierai jamais que votre instinct d'arlisle a, s^ns hésiter, reconnu et adoré avec transnort

ce génie nouveau pour vous. Oui, oui, soyez-en certain, quoi qu'en disent les gens à demi-passion, à demi-science, qui n'ont que la moitié d'un coeur et un seul lobe au cerveau, il y a deux grands dieux supérieurs dans notre art : Heethoven et Gluck. L'un règne sur l'infini de la pensée, l'autre sur l'infini de la passion; et, quoique le premier soit fort au-dessus du second comme musicien, il y a tant de l'un dans l'autre néanmoins, que ces deux Jupiters ne font qu'un seul dieu en qui doivent s'abymer (sic) notre admiration et nos respects.

k M. EUNEST LEGOUVÉ *.

Paris, 9 avril 1856.

Mille joies triomphantes, mon cher Legouvé ! c'est superbe ! C'est le plus beau succès, le plus pur, le plus légitime, le plus providentiel auquel j'aie assisté de ma vie. J'ai le cœur gonflé, à en éclater... C'est si beau, un chefd'œuvre complet ! un chef-d'œuvre interprété par une femme de génie, par une muse» et un chef-d'œuvre échappé, qui plus est, aux dangers de la traduction. Vous avez tous les bonheurs à la fois, un traducteur incomparable, une actrice sublime, un public intelligent et sensible, et une offense vengée...

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