Lettres sur la race blanche et la race noire
2. Un ouvrage où mon père avait exposé ses idées sur l'avenir de l'Orient. — E. D'E.
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mais la race noire comparée à la blanche, s'en distinguent par des traits qui se rapprochent de ceux que vous définissez ; que ce n'est pas les premiers seulement, mais nous qui aurions à profiter grandement d'une familiarité plus intense et plus sympathique ; que si notre intelligence est plus développée et notre activité plus intime, les noirs possèdent exactement ce qui nous est indispensable comme contre-poids, dans leur amour du repos, et dans leur aptitude supérieure pour le plaisir animal, source d'une grande sensibilité de sympathie, qui est caractéristique chez la race nègre.
Je pense depuis longtemps aussi, que la même distinction existe, bien que d'une façon moins accentuée, entre les peuples du Nord et du Midi de l'Europe : le Nord est destiné à être l'atelier matériel et intellectuel de l'Europe, le Midi son « palais de plaisir »; ni l'une ni Tautre des parties ne remplira sa fonction utile à l'une et à l'autre, tant que nous ne travaillerons pas pour les ,peuples du Midi, et que nous, dans la mesure de notre tempérament, nous ne nous approprierons pas leur sens du plaisir sensuel et pompeux.
Je suis, vous le voyez, très bien préparé à accueillir favorablement vos méditations et à me
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joindre à vos aspirations : je suis aussi désireux que jamais de conserver avec vous cette sorte de communion intellectuelle dont j'ai joui depuis longtemps. Je ne sens nullement s'éteindre la jouissance que j'éprouve à la spéculation philosophique, bien que j'aperçoive de moins en moins la possibilité d'amener un certain nombre de personnes à s'associer sous le drapeau et au nom d'une série de principes déterminés. Mais, la bonne semence n'est jamais perdue : elle prend racine, et surgira quelque part : elle servira à la reconstruction générale des idées du monde civilisé auquel le nôtre n'est qu'une période de préparation, mais à la naissance duquel toutes les choses et tous les hommes du présent travaillent, bien que les hommes en soient en général aussi inconscients que les choses. « C'est pourquoi, jetez votre pain sur les eaux, et vous le retrouverez après bien des jours. »
J'ai été très peiné d'apprendre la maladie de votre père et l'indisposition d'Adolphe. Assurezles tous les deux de mes souvenirs affectueux, et dites-moi, quand vous m'écrirez, très exactement comment ils seront.
Votre très affectionné,
J. S. MiLL.
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