AVANT-PROPOS XI
Durant Texistence de T École, la correspondance continua entre les deux amis. J'ai retrouvé les lettres de Mill, soigneusement conservées et classées par mon père: ce sont celles qu'on va lire*. J'ai retrouvé aussi quatre brouillons des lettres de mon père que j'ai insérés à leur date, entre les lettres de son ami. J'y ai joint deux lettres d'Eyton Tooke, l'ami commun de Millet démon père, qu'unemort prématurée et tragique enleva à l'affection et aux espérances de ceux qui l'entouraient et l'admiraient.
Qu'on n'oublie pas en lisant les premières de ces lettres, que ceux qui les écrivaient avaient vingt-trois et vingt-cinq ans. On admirera d'autant plus la maturité précoce, la force d'esprit pénétrante et claire, en même temps que l'ardeur de recherche désintéressée de la vérité, du futur auteur de la Logique y du penseur dont Taine devait plus tard dire : « Dans le silence de l'Europe (philosophique), voici un maître qui s'avance et qui parle ^ », du pionnier qui
1. Elles ont été en grande partie publiées en anglais dans la Revue Cosmopolis, et plusieurs critiques français m'ont à ce moment demandé de les traduire.