‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 34 sur 80 · A SAMUEL FORMEY · texte numérisé non relu

A SAMUEL FORMEY

Paris, le 6 décembre 1750.

J'ai, monsieur, des excuses sans nombre à vous faire. Quelque bonté et quelque indulgence que vous ayez, je ne sais ce que vous devez penser de moi , d'abord de ne vous avoir pas remercié de toutes les attentions obligeantes que vous m'avez marquées, et ensuite d'avoir même oublié de vous marquer ma reconnaissance des présents que vous m'avez faits.

J'avais envie de prendre un médiateur auprès de vous. Je voulais écrire à M. le président de Maupertuis de vous demander grâce pour moi. Il aurait pu vous dire en même temps l'estime particulière que j'ai conçue pour vous, monsieur, et le cas que je fais depuis longtemps des productions de votre esprit. Vous pensez avec une facilité et une fécondité qui me charment, et vous écrivez comme vous pensez. J'ai lu les Songes, l'Existence de Dieu*, etc., avec bien du plaisir, et je voudrais bien voir ce que vous avez écrit au sujet de mon livre d'histoire naturelle 3. Mais aucun de nos libraires ne connaît la Bibliothèque impartiale*. J'ai remis à leur destination les livres que vous venez de m'envoyer et ceux que vous aviez euvoyés précédemment. Le projet du Dictionnaire encyclopédie

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que paraît ici depuis quelques jours8. Vous êtes nommé, monsieur, avec des éloges qui vous sont dus, et non-seulement comme auteur, mais comme un galant homme, qui sacrifie son bien particulier à l'avantage public. Au reste, cet ouvrage, dont les auteurs m'ont communiqué plusieurs articles, sera bon. On réimprime ici l'Astronomie nautique* et la Vénus physique'1 de M. de Maupertuis. J'aurai l'honneur de lui écrire bientôt et de lui en donner des nouvelles. Je vous offre, monsieur, mes services en ce pays-ci, et je vous supplie d'être persuadé de la sincérité de mes sentiments et du désir que j'aurais de vous en donner des preuves. J'ai l'honneur d'être avec la plus parfaite estime, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

(Inédite. — Tirée des manuscrits de la Bibliothèque impériale, collection Matter.)

A M. ARTHUR

MÉDECIN DU ROI, A CAYENNE

Au Jardin du Roi , le 17 février 1751/

J'ai reçu, monsieur, la caisse de curiosités et les échantillons que je vous avais demandés et que vous avez bien voulu m'envoyer pour le Cabinet du Roi; je vous en fais, monsieur, tous mes remercîments et j'aurai soin d'en informer le ministre aussi bien que M. de La Porte. Je désirerais fort qu'on voulût se prêter à reconnaître un peu votre zèle et vos services déjà anciens dans la colonie. Vous ne pouviez nous faire plus de plaisir que de nous envoyer des oiseaux, la suite que nous avons n'étant pas complète, à beaucoup près. J'ai l'honneur d'être, avec un parfait attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

(Inédite. — Communiquée par M. le docteur Tessereau.)

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