‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 6 sur 80 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

ble désintéressement. Il abandonne généreusement au Cabinet d'Histoire naturelle les riches et nombreux présents qui lui sont personnellement adressés. Pour hâter l'achèvement des grands travaux qu'il a projetés, il engage sa fortune et compromet sa santé.

La vieillesse affaiblit son corps sans rien enlever à la fraîcheur ni à la vivacité de son esprit, et il met le comble à sa réputation en publiant, dans un âge avancé, le plus parfait de ses ouvrages, les Epoques de la nature. Cependant le mal intérieur qui mine sa santé s'aggrave ; les crises deviennent plus fréquentes, sans que la douleur puisse abattre son courage.

Nous assistons enfin à sa dernière heure. Elle est digne de sa vie. Buffon s'endort dans le sein de la religion, et remet avec confiance son âme entre les mains de Dieu, devant qui s'est toujours incliné son génie.

Voilà les points saillants de sa vie , telle qu'elle se trouve écrite par lui-même dans sa correspondance.

C'est le tableau simple et vrai d'une noble carrière laborieusement remplie. On y reconnaît une grande unité. L'homme privé ne vient jamais démentir l'homme public, et on ne surprend point, aux heures de confiance et d'abandon, le premier qui étudie le rôle que doit jouer le second.

Cette belle vie, dont on peut suivre les divers incidents, se présente sous plusieurs aspects, et Buffon y paraît toujours à son avantage.

Dans ses lettres à l'abbé Le Blanc, dans celles qu'il

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