VIII INTRODUCTION
adresse soit au président de Brosses, soit au président de Ruffey, trois amis d'enfance, il est dévoué, aimant, généreux; il souffre de leurs souffrances et gémit des épreuves que leur envoie une fortune contraire ; mais il est toujours le premier à se réjouir de leurs succès. ♦ Avec le temps, on voit grandir et se fortifier cette vaillante amitié; les calculs de l'intérêt, les froissements de l'amour-propre, les enivrements de la gloire, les manœuvres cachées de l'envie, les années, l'éloignément, rien ne peut ébranler ce robuste attachement qui était né au début d'une carrière commencée en commun, et que la mort seule a rompu.
La correspondance de Buffon avec son fils, dont l'enfance et la première jeunesse furent entourées de toutes les caresses de la fortune et qui devait payer si cher un instant de prospérité, nous montre un père tendre et indulgent, jamais un mentor grondeur et chagrin. Ce noble cœur, que n'ont refroidi ni les absorbantes méditations de l'étude, ni les préoccupations d'une popularité qui embrassait le monde entier, ressent pour son unique enfant une tendresse profonde dont on rencontrera de touchants et nombreux témoignages. Il s'inquiète des dangers que court ce fils chéri, au retour d'un lointain voyage, et il s'en inquiète au point d'en perdre le sommeil et le repos. Un autre jour, c'est une maladie du jeune officier, dont il ne connaît pas la nature, et qui lui enlève toute liberté d'esprit; il est forcé d'interrompre ses travaux.
Dans sa correspondance avec Gueneau de Montbeillard, dans ses lettres à l'abbé Bexon , ces deux élèves