‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 61 sur 80 · A M. DE VAINES · texte numérisé non relu

A M. DE VAINES

Au Jardin du Roi, le 19 janvier 1775.

La lettre, monsieur, que vous avez eu la bonté d'écrire, a mis en mouvement MM. des Eaux et Forêts, qui, sans cela, seraient demeurés dans l'inaction, Je crois donc qu'en conséquence, M. de Marizy, grand maître, netarderapas beaucoup à donner son avis , et je ne m'attends point du tout qu'il me soit favorable. Tous ces MM. des Eaux et Forêts ont le même langage; ils disent que c'est dépouiller leur juridiction et qu'ils ne peuvent manquer de s'opposer à ma demande. Je m'y attends donc; mais avec cela, j'attends tout des bontés de M. le contrôleur général et delà bonne volonté que vous m'avez témoignée2. J'en ai déjà une profonde reconnaissance, et j'ai demandé à notre ami M. d'Angeviller la liberté de vous faire un hommage en vous envoyant mes ouvrages3. Daignez les agréer comme une marque de la haute estime et du respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

(Tirée des manuscrits de la Bibliothèque impériale; publiée par M. Flourens.)

eux

AU MÊME

Au Jardin du Roi, le 23 janvier 1775.

Rien n'est plus flatteur pour moi, monsieur, que l'accueil que vous avez fait d'avance à mon ouvrage, et la bonté que vous avez de ne pas regarder mon hommage comme un double emploi , me touche sensiblement. Je mettrais volontiers dans mes titres l'application du beau passage de Cicéron1 que vous citez, si je ne craignais de me trop enorgueillir., et je ne l'adopte que comme une preuve de votre indulgence et une marque de votre estime. Je ferai donc ce qui dépendra de moi pour vous marquer ma reconnaissance et pour mériter quelque part de votre amitié.

C'est dans ces sentiments et avec le plus respectueux attachement que je suis et veux être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Buffon.

(Tirée des manuscrits de la Bibliothèque impériale; publiée par M. Flourens.)

GLX

AU PRÉSIDENT DE RUFFEY

Paris, le 1er mai 1775.

Je vous remercie, mon très-cher ami, de la part que vous prenez à la perte que j'ai faite1. Quoique prévue depuis longtemps, elle n'a pas laissé de m'affecter très-sensiblement; car ma santé n'est pas en trop bon état, et je désire d'aller respirer l'air de Bourgogne, qui me convient mieux que celuici. Je serais enchanté si vous veniez à Montfort. Il y a longtemps que je le souhaite, et vos affaires peuvent peut-être

s'arranger de façon que cette terre vous restera ; ou, si vous la vendez, vous me feriez plaisir de m'en prévenir d'avance.

Mme de Ruffey m'a fait l'honneur de m'écrire au sujet de la chambre des comptes de Dole 2, et j'aurais bien voulu pouvoir lui rendre en cela quelque service; mais M. le comte de Maurepas m'a renvoyé à M. le garde des sceaux 3 et, chez celui-ci, il m'a paru qu'on ne regardait pas l'affaire de la chambre des comptes de Dole comme dépendante en aucune façon de celle des Parlements ; et un particulier comme moi ne peut rien sur des choses publiques et de cette espèce.

J'ai l'honneur d'être, avec le plus ancien et le plus inviolable attachement, mon très-cher monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

(Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)

Page 1