‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 2 sur 133 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

Montbard, le IC janvier I"T6.

Ma lettre a croisé la vôtre, madame et très-chère amie, et vous devez l’avoir reçue ces jours derniers. Je vous marquais de faire effacer les armes sur la petite voiture, et de vous en servir ensuite pour revenir le plus tôt que vous pourriez. Mais maintenant je n’ai garde de vous pressef; il fait trop mauvais temps; nous avons un demi-pied de neige, et je vous conseille d’attendre le dégel. M. le .Maire a grande envie d'aller à Dijon, mais je tâcherai de l’en détourner. 11 se jiorte très-bien, et peut-être tomberait-il malade s’il s’exposait par

ce manvais temps. J ‘ai auj)rès auprès de moi le chevalier de Saint-Belin, qui, pour être venu d’Étay à Montbard, a été saisi de la grippe le même jour. Pour moi, je suis assez bien, et, quoique j’aille tous les jours à mes forges, je ne me suis point encore enrhumé. Je n’ai point de nouvelles de votre cher oncle, ni même aucune autre de Semur depuis que j’ai vu .M. de Mussy. Je suis fort aise que M. votre mari ait vu M. de -Malesherbcs et qu’il ait été à Versailles, et il vaudrait mieux rester quelque temps de plus pour rapporter les arbres qui lui conviennent, et tirer son argent de .M. de .Marigny*. Vous voyez bien que je parle aussi d’argent, quoique je dusse vous parler d’autre chose. Mais' vous connaissez bien toute l’étendue des sentiments d'attachement et de respect que je vous ai voués.

ISUFFON.

(Inédilo. — Do la collectioa de M. Henri Nadault de ÜufTon.)

' AU PRÉSIDENT DE RÜFFEA'

Montliard, le IG janvier 17"C.

Je reçois è Montbard, mon cher Président, votre lettre qu’on m’a renvoyée de Paris. Je suis de retour depuis dix jours, pour y passer six semaines ou deux mois. J’ai été enchanté de recevoir de vos nouvelles et d’apprendre la bonne acquisition^que vous avez faite à si juste prix pour M. votre tils‘; je vous prie de lui en faire mon compliment. 11 a tout le mérite nécessaire pour remplir dignement cette place honorable; il n’y a qu’une voix sur son excellente réputation comme sur la vôtre, mon très-cher ami, et ces places deviendront encore plus importantes lorsque les parlements seront tout à fait rangés. Ainsi, de toute façon, vous avez fait une très-bonne affaire. Je jirésente mes respects à Mme la présidente de Huffey. J’ai eu l’honneur de voir à Paris Mme la marquise de Thiard ', qui me dit que

k CORRESPONDANCE [1776]

son projet était d’y rester quelques mois. Puis-je espérer que vous viendrez faire un tour à votre terre de Montfort? Je le désirerais de tout mon cœur, pour pouvoir vous embrasser et vous renouveler de vive voix les sentiments inviolables du tendre et respectueux attachement avec lequel je serai toute ' ma vie, monsieur et très-cher ami, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.

Buffon.

(Inédite. — De la collection de H. le comte de Vesrrotte.)

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