CCCXXXVI
A M. DLPLEIX DE nAGOrEXCOURT
OINSEiliEH D’ÉIAT.
Au Jardin du Roi, le 30 mars 1785.
J’ai ét(^ très-Kché, monsieur, de ce que vous n’avez pas insisté hier pour entrer; ma porte n’était certainement pas fermée pour vous, et j’aurais été très-aise de vous entretenir. Notre alfaire des terrains nécessaires au Jardin du Roi est sur le point de finir ; j’espère que j’aurai incessamment l’arrêt du Conseil conforme à ma demande. Après quoi, il n’y aura plus que les formalités ordinaires à rem[ilir, en obtenant des lettres patentes, etc.
Je crois, monsieur, que votre bonne volonté aura influé sur celle de M. de Saule, et qu’on me débarrassera, de manière ou d’autre, de cinquante paysans, qui seraient chacun autant de petits seigneurs, possesseurs en franc fief de quelques perches de terrain dans ma terre de BufTon, ce qui serait absurde et ne peut pas exister’. J’attendrai votre retour pour savoir ce vjue je puis faire enfin pour satisfaire la régie, contre laquelle je suis très-décidé à plaider, si elle m’imposait des conditions qui ne fussent pas acceptables.
Recevez, monsieur, avec vos anciennes bontés, les assurances du sincère et respectueux attachement que je vous ai voué, et avec lequel j’ai l’honneur d’étre, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Le comte de Buffon.
(Inédite. — De U collection de M. Chasles, de l’Académie des sciences. H. Flourens a publié un passage de cette lettre.)
cccxxxyii
A M. THpUIN.
Montbard, le 25 mai 1785.
J’ai reçu vos mémoires de dépense , mon cher monsieur Thouin, ainsi que l’état de situation de nos travaux. La grande et longue sécheresse nous fait ici beaucoup de tort, ainsi qu’à vous; cependant nous avons eu un petit orage hier avec de la pluie, ce qui fait espérer qu’on en aura d’autres incessamment. Tous nos ouvrages de maçonnerie iraient bien sans ces maudites carrières, qui seules coûtent autant que tout le reste; néanmoins il faut en venir à bout, et j’ai écrit à M. Verniquet que, s’il était nécessaire, nous augmenterions encore le nombre des ouvriers pour cet objet. Pressez aussi l’ouvrage qui est à faire au laboratoire de chimie, afin qu’on ne soit pas obligé de retarder le cours public; et, comme votre bâtiment doit être actuellement couvert ou à peu près, faites achever votre escalier et construire les voûtes. L’ouvrage de la nouvelle galerie est le moins pressé de tout, Je vois par votre compte que vous avez, payé 600 livres à compte de la fourniture des arbres verts ; mandez-moi si nous devons encore beaucoup à tous nos fournisseurs d’arbres. Il faudrait, dans tous les cas, les faire attendre jusqu’à ce que je puisse vous remettre de nouveaux fonds, sur la lin de juin ou au commencement de juillet.
Je ne sais si l’arrêt du Conseil, pour l’acquisition du ter-» rain des fiacres et des maisons Lelièvre, etc., a été expédié et envoyé à M. Lenoir; vous me feriez plaisir de vous en informer et de voir M. de La Cliapelle, si vous avez occasion d’aller à Versailles.
Ma santé est à peu près telle qu’elle était à Paris , et je ne la soutiens qu’en continuant les mêmes petits remèdes et le môme régime. Ayez soin de la vôtre; j’y prends tout intérêt.
et c’est avec satisfaction que je vous renouvelle les sentiments de l'estime qui vous est due et de tout mon attachement.
Le comte de Buffon.
(Inédite. — Conservée dans les archives du Muséum.)