‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 7 sur 133 · CLXX.XIV · texte numérisé non relu

CLXX.XIV

A .MADAME XKCKER.

Montbard, le 25 octobre 1776.

Ma chère et très-respectable amie.

J’apprends dans le moment que M. Necker vient d’ôtre nommé directeur général des finances', pour en rendre compte directement au Roi, sans dépendance du contrôleur général. Cette bonne nouvelle m’a causé un mouvement de joie dont j’avais grand besoin pour me tirer de la profonde aUliction que je ressens de la perte de mon respectable ami M. de Clugny’, dont le mérite et les vertus m’étaient parfaitement connus. Mais je conviendrai partout, et d’abord avec vous, madame, de la supériorité des talents de M. Necker, et j’en ferais volontiers compliment à la nation entière. Faiteslui passer le mien, ma très-chère madame; il en aura plus de gi’ôce, et je suis sûr qu’il le jugera sincère. 11 a dû s’apercevoir de la respectueuse estime que j’ai toujours eue pour lui, et je ne puis y ajouter que les assurances du véritable attachement et du respect que je vous ai voués à tous deux, et dont je vous supplie de ne pas douter, madame.

Boffon

(Inédite.)

DE BDFFON. 15

FRAGMENT DE LETTRE A GUENEAÜ DE MONTBEILLAllD.

Octobre 1776.

.... Je vous renvoie la mâchoire du prétendu géant, qui n’était qu’un petit âne*; car j’ai eu sous les yeux la mâchoire d’un grand homme et la mâchoire d’un ànon, à laquelle celleci ressenible eu perfection*. Je ne vous en remercie pas moins de votre bonne attention.

(Ce fragment a été publié dans la Tie de Buffon, jointe à l’édition des OEurres de BuOiui, par Bernard d’Héry. Paris, an XI.)

AU MÊME

Montbard, le 6 novembre 1776.

Je VOUS remercie, mon très-cher monsieur, des notices que vous et ma bonne amie avez pris la peine de me quêter sur les géants. Elles ne laissent pas d’être instructives, et J’en tirerai quelque parti en les réunissant avec celles que j’ai pu trouver moi-même;- mais il y en a une sur le réveil de Sindonax, roi géant de Bourgogne, dont j’ai entendu parler et que personne n’a pu me communiquer.

Vous auriez bien dû vous égarer de Chevigny à Montbard. Nous avons eu pendant trois jours M. et Mme Allut*. C’est une petite femme charmante à' mon goût, et qui sûrement aurait été du vôtre. J’aurai aussi vers le 15 ou le 16 de ce mois M. et Mme de Bacquencourt* et .M. de Morveau, et on me dit aussi que notre cher abbé de Piolenc* et les jeunes mariés doivent peut-être venir auparavant. Choisissez, mon très-cher monsieur, les jours qui vous conviendront le mieux; mais choisissez-en deux de suite, car, lorsqu’on ne se voit

que pour diner, l’on n’a pas le temps de digérer son plaisir ni de s’entretenir assez pour causer d’affaires. Dites-moi où en sont vos oiseaux\ car je reçois tous les jours des espèces d’imprécations de gens qui s'ennuient de recevoir deux ou trois fois par an des planches enluminées, et de ne rien avoir à lire.

Adieu, mon cher bon ami, jusqu’au plaisir de vous revoir et de vous embrasser.

Buffon.

Si M. de Fenille' retourne à Paris, engagez-le à passer par Semur et par Mohtbard. J’entends dire qu’il n’est pas trop bien avec l’Intendant. Son père se porte aussi bien que le permet son âge. 11 a fait une très-grande perte en M. de Clugny, mais nous tâcherons de la réparer, et j’espère que M. Necker voudra bien m’en croire.

(Inédite. — Communiquée par M. Léon de Montbeillard à H. Beaune, qui a bien voulu, à son tour, noua en donner connaissance.) '

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