AILE DU CÔTÉ DU NORD-EST
Chambre de feu M- le Comte.
t Une cheminée de marbre brèche, de différentes couleurs, sur la-
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quelle il y a une glace ou trumeau composé de deux pièces, dont la bordure est dorée et sculptée.
( Deux bras de cuivre doré à doubles branches après la cheminée.
t Deux cordons de sonnette auprès de la cheminée.
t Un feu composé de deux chenets à doubles branches, d’une pelle à feu, de pinces et de pincettes, le tout orné de cuivre doré.
« Un soufflet à double vent, dont les côtés sont de maroquin et la douille de cuivre.
• Un balai pour le service du feu.
« Un garde-feu de fer-blanc composé de plusieurs feuillesqui se plient l'une sur l'autre.
I Cinq petits écrans de carton pour tenir à la main.
c Deux écrans do taffetas vert, qui se meuvent dans des coulisses pratiquées dans la monture de bois.
« Une pendule à côté de la cheminée, soutenue perpendiculairement auprès du mur, avec sa botte de cuivre doré.
t Un secrétaire en marqueterie de buis des Indes, fermant à clef, de même que ses petites armoires de dessous, avec ses tiroirs intérieurs, son encrier, son éponge, sa boite à poussière et sa garniture de cuivre.
c Une glace d’une seule pièce surmontée d'un couronnement qui, ainsi que la bordure, est sculpté et doré.
c Une autre glace composée de deux pièces, dont la bordure est aussi dorée et sculptée.
« Au-dessous do cette glace, une grande table de marbre grisnoir, montée sur des consoles ou pieds tors qui sont sculptés et dorés.
t Une petite table de bois à pieds de biche, plaquée , ainsi que le pourtour, de bois des Indes, avec un tiroir dans lequel il y a une case pour recevoir un encrier et des plumes.
( Une écriloire de marbre blanc travaillée de manière que l’on peut y mettre de l’encre, de la poussière et des plumes, avec une charge de même substance, qui peut servir de couvercle à l’écritoire.
c Une autre petite table de bois à double étage et à pieds de biche.
( Six fauteuils de satin des Indes, à fond blanc , dont les bois sont sculptés et dorés.
« Six housses de toile à carreaux qui recouvrent ces fauteuils.
• Un fauteuil couvert de maroquin rouge de même que son coussin.
< Six cabriolets de tapissetie en soie à fond blanc, dont les bois sont sculptés.
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c Six pans de rideaux ù carreaux verts et blancs , aux trois quarts neufs, devant les croisées.
f Quatre pans de tapisserie de salin brodé des Indes, dont les baguettes sont dorées.
( Un lit à quatre colonnes de satin brodé des Indes, bois de lit orné de dorures ; avec ses roulettes et ses sangles, rideaux verts, étoffe de cordonnet ; sommier de crin couvert de toile à carreaux ; deux matelas de laine couverts de futaine blanche; lit de plumes et traversin couverts de coutil de Bruxelles ; une couverture neuve do mousseline piquée; une couverture de laine usée d’un tiers; une courte-pointe brodée do satin des Indes, pareille au lit et à la tapisserie.
I Deux dessus de porte.
< Deux cordons de sonnette auprès du lit. >
Note 4,p. 138. — Mlle Geoffroy était la gouvernante de Mlle Necker, depuis Mme de Staël.
Note 5, p. 139. — Coppet, que la retraite de Necker et l’exil de Mme de Staël ont rendu doublement célèbre. Ces nouveaux hôtes ont fait oublier Bayle, qui y faisait son séjour habituel.
Note 6, p. 139. — Le gouvernement de Genève venait de changer de forme. Après de longues dissensions intestines et des luttes ardentes, de démocratique il était devenu aristocratique. En 1801, Genève, qui jusqu’alors avait été une république alliée des Cantons, devint un canton suisse.
Note 7, p. 139. — Charles-François, marquis de Saint-Lambert, né en 1717, mort le 28 janvier 1803, fit paraître en 1769 son poëme des Saisons. La critique ne ménagea ni l’auteur ni l’ouvrage. Voltaire seul lui donna des éloges outrés, ce qui fit dire à Gilbert :
Saint-Lambert, noble auteur, dont la muse pédante Fait des vers trop vantés jiar Voltaire qu’il vante.
Clément, dont la verve mordante s’était exercée aux dépens de l’auteur des Saisons, fut enfermé au For-l’Évéque ; il envoya de sa prison à Saint-Lambert l’épigramme suivante :
Pour avoir dit que tes vers sans génie M’assoupiss.iicnt par leur monotonie.
Froid Saint- Lambert, je me vois séquestré.
Si tu voulais me punir é ton gré,
Point ne fallait me laisser ton poème :
Lui seul me rend mes chagrins moins amers;
Car de nos maux le remède suprême,
C’est le sommeil..., je le dois à tes verà.
Note 8, p. 139. — Jacques Delille, né le 22 juin 1738, mort le l" mai 1813, fut élu à l'Académie française en 1772, le même jour que Suard. Le Roi ayant trouve le nouvel élu trop jeune, son élection fut cassée et il no vint siéger dans cette compagnie que deux années plus tard, en 1774, à la place de La Condamine. Son poème des Jardins parut en 1782. Malgré les nombreuses critiques qui l'accueillirent, le succès du livre ne fut pas douteux; il fut traduit dans toutes les langues et eut de nombreuses éditions, rapidement épuisées; mais on ne le lit plus guère aujourd'hui. Un de ses amis, en lui envoyant la critique de Rivarol, lui disait à ce propos : < Il faut avouer que vos ennemis sont bien peu diligents; ils en sont seulement à leur septième critique, et vous en êtes à votre onzième édition. » La façon dont fut composé le poème des Jardins est assez curieuse pour mériter d’être conservée. L’abbé Delille passait chaque année les meilleurs mois de l’été à la Malmaison, qui avait alors pour propriétaire une jeune veuve du nom de Mme Le Coutculx de Molcy. L’abbé composait dans ses promenades matinales les vers qu'il offrait à Mme Le Couteulxà l'heure du déjeuner; souvent même, voulant la surprendre, il les traçait d’une main rapide sur les patrons de sa broderie. Un jour, la mauvaise saison venue, il trouva dans son portefeuille un grand nombre de ces pièces fugitives, qui, traitant toutes du même sujet, avaient entre elles un certain enchaînement. Il conçut la pensée de les réunir en un corps d'ou» vrago, et com|)osa ainsi son poème des Jardins. « Dans le poème des Jardins, dit Rivarol , qui ne ménagea à son auteur ni la critique ni les mots amers, M. Delille, toujours occupé de faire un sort à chacun de ses vers, n’a pas songé à la fortune de l’ouvrage entier. >
Note 9, p. 139. — Jean-Antoine Roucher, né en 1745, mort sur l'échafaud révolutionnaire, le 7 octobre 1793, 6t paraître son poème des A/ois en 1779. « M. Roucher, disent les Mémoires de Bacbaumont, ayant fait présent à M. Bussy de son poème des Mois, dont toutes les sociétés voulaient entendre la lecture avant qu'il fût imprimé, et que , personne ne lit depuis qu’il l’est, M. Bussy lui a répondu par le quatrain suivant :
De vos vers, triste destinée!
Les reprenant cent et cent fois ,
Enfin, j’ai lu vos douze mois.
Et je suis vieilli d’une année. >
ET ÉCLAinCISSEMENTS. 449
Rivarol a dit du poëme des Mois : c C’est en poésie le plus beau naufrage du siècle. >
Note 10, p. 139. — Chabanon, né en 1730, mort le 10 juillet 1792, fut élu membre de l’Académie française le 10 janvier 1780. Il y remplaçait Foncemagne, membre comme lui de l’Académie des belleslettres. Bon écrivain , Chabanon était en outre un artiste distingué ; après Saint-Georges, c'était le meilleur violon de Paris, ce qui (U dire, lorsque l’on connut sa candidature au fauteuil académique :
A Foncemagne on veut, dit-on.
Pour le fauteuil soporifique Faire succéder Chabanon ;
Mais son mérite académique?
Aucun ; il est grand violon;
Dans le sein de ta compagnie Manquant d’accord et d’unisson ,
11 rétablira l’harmonie.
Note 1, p. 140. — Charles-Henri de Feydeau, marquis de Brou, intendant de la province depuis l’année 1780, fut remplacé en 1783 par Antoine-Léon-Ânne Amelot de Chaillou, fils du ministre de Paris.
Note 2, p. 140. — A cette époque, Buffon s’occupait d’espéricnres entreprises dans ses forges, par ordre du gouvernement. Son but était de faire connaître quelles étaient alors les provinces de France qui fournissaient les fers les plus propres à être convertis en acier par la voiede la cémentation. On fit venir, àcct effet, des fers tant nationaux qu’étrangers. Le comté de Foix, le Roussillon, le Dauphiné, l’Alsace, la Franche-Comté, les trois Évéchés, la Champagne, le Bcrri,la Suède, la Russie et l’Espagne fournirent tour à tour des échantillons de leurs produits. M. de Grignon, métallurgiste distingué, que Buffon avait déjà associé à ses diverses expériences sur les fers, fut appelé à en constater les résultats. Il rédigea un savant mémoire dans lequel il conclut que l’on peut faire de très-bon acier fin avec les fers de France, en soignant la fabrication ; il signalait en même temps les provinces qui lui paraissen l susceptibles de fournir le meilleur acier, et les rangeait dans l’ordre suivant : l’Alsace, la Champagne, le Dauphiné, le Limousin, le Roussillon, le comté de Foix, la Franche-Comté, la Lorraine, le Berri et la Bourgogne. On trouve un compte rendu de ces imporn 29
NOTES
tantes expériences dans lc/oumo/dcPAysi7ueduinoi8desepleinbrel782; le Journal de Paris, à la date du 5 novembre du la même année, en parle en ces termes ;
c On doit la plus jurande reconnaissance aux savants qui dirigent leurs talents et leurs travaux vers des objets d’utilité publique. Nons nous croyons donc obligés do rendre ici hommage au zèle et aux vues do M. Grignon, chevalier de l'Ordre du Roi et correspondant do l’Académie des sciences de Paris. Pénétré de la nécessité d'élever en France des manufactures d'acier Qn, pour enlever aux étrangers une branche de commerce d'importation qui est si onéreuse à Ja nation, voyant que Néronville était la seule manufacture en grand d'acier fin par cémentation, et qu’encore elle n’employait que des fers de Suède, assuré enfin d’après plusieurs essais qu’il était possible de convertir nos fers français en bon acier fin, il a présenté à l'administration plusieurs mémoires relatifs à cet objet. Le gouvernement, attentif à procurer aux arts et manufactures nationales des motifs d’émulation et les moyens de faire fleurir le commerce, autorisa, en novembre 1779, M. Grignon à faire les expériences nécessaires pour constater la propriété relative que les meilleures espèces do fers français ont pour être convertis en acier fin par la voie de la cémentation.
« M. le comte de BiilTon a bien voulu partager le sacrifice que le gouvernement faisait à l’utilité publique; il a offert ses forges et un fourneau, qu’il avait fait construire è grands frais pour reprendre la suite de ses exiiériences sur l’acier. Ces offres si généreuses ayant été acceptées par l’administration, M. Grignon fit venir à Buffon, des différentes provinces du royaume, les fers des meilleures qualités qui lui étaient connus. Nous n’entrerons point dans le détail de ses opérations, qui sont rapportées d’une manière très-intéressante dans le Journal des observations sur la physique, sur l'histoire naturelle et les arts, où M. Grignon a fait insérer son Mémoire. Nous nous contenterons de dire que le résultat des expériences faites par ordre du gouvernement est qu’il est très-possible de faire d'excellents aciers fins, par cémentation, avec les fers des différentes provinces du royaume; qu’il suffit de choisir, parmi ceux qui ont le plusde propriété à devenir acier, les fers les mieux fabriqués, et de les traiter suivant leur caractère particulier. Il serait à désirer, ajoute M. Grignon, qu’il s’élevâ t plusieurs manufacturesen ce genre dans le royaume, particulièrement dans le Roussillon, l’Alsace, la Franche-Comté, le Limousin et la Champagne, afin de fournir aux arts les aciers dont ils font une trèsgrosse consommation , laquelle forme une branche immense de commerce d'importation qui enrichit nos voisins. »
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Note I, p. 141. — Le marquis de Verac, ministre plénipotentiaire près du roi do Danemark en 1775, était alors ministre à Saint-Pétersbourg. On verra (page kbk) avec quelle bienveillance alTectueuso il reçut le fils do Buffon, qui, durant tout le temps de son séjour à Pétersbourg, habita son hôtel.
Note 2, p. 141. — Les anciens naturalistes prétendent que, durant l’hiver, les hirondelles se plongent dans les lacs, d'où elles ne sortent qu’au printemps. Malgré les hirondelles gelées envoyées de Russie, Bulîon, dans l’histoire de l'hirondelle, combattit cette fable, qui alors trouvait encore quelque crédit, et dont la science a depuis fait justice.
Note 3, p. 142. — Le marquis do La Valette commandait en Bourgogne sous les ordres du marquis de La Tour-du-Pin de Gouvernet ; il avait le titre do lieutenant général de l’Auxerrois, do i’Auxois et de l’Autunois.