LETTRE XXXIII
Ce 10 septembre 1779.
Ma soeur, mon cher fils, vient de me marquer la perte que vous avez faite. Je prends part au chagrin qu'elle vous cause, et la part la plus tendre.
Je ne crois pas que cet accident cruel vous oblige à deaiander un congé à la Compagnie, à moins que ce ne soit pour consoler monsieur votre oncle, et qu'il ne l'exige de vous. Sans cela , il est tout simple d'envoyer votre procuration en blanc à ce second père, qui ne peut rien (iure qui nuise à vos intérêts.
Je crains fort, mon ami, que cette perte ne soit plus aflfreuse encore pour monsieur votre oncle que pour vous, et qu'elle n'entraîne la sienne. Accoutumé, depuis nombre d'années, à ne se mêler de rien, ni d'affaires, ni de ménage, comment cet homme isolé va-t-il vivre? Quel parti prendra-t-ilT
Marquez-moi, mon fils, comment vous vous trouvez à Roanne ; donnez*moi tous les détails que vous êtes en état de me faire, et de la ville et de la façon dont vous comptez y vivre. Tout ce qui vous regarde m'intéresse et m'intéressera toujours. Ma femme me charge de vous dire mille choses tendres, et la part qu'elle prend à cet événement. Je vous embrasse de toute la tendresse de mon cœur, et je veux être tout à fait, actuellement, votre père.