SUR
ÏANCREDE,
TRAGÉDIE
Après avoir vu la première représentation de Tancrède, qui doit son succès à mademoiselle Clairon , je n'eusse jamais pu penser que celui-ci put être de quelque durée.
Cependant la jeunesse, qui n'aime plus aujourd'hui que les situat^ions incroyables et impossibles , les caractères outrés, et qui ne s*embarrasse plus que les personnag[es d'une tragédie restent perpétuellement dans une erreur volontaire, court encore à cette pièce.
Je la trouvais d'ailleurs si feiblement écrite, en comparaison des autres tragédies de ce charmant poëte coloriste, que je dédaignai, dans le temps, de l'immoler aux mânes du divin Corneille.
Je pense aujourd'hui de même, malgré le concours de ses jeunes spectateurs; et j'ose dire qu'elle ne mérite pas ma colère et les frais d'une critique qui m'ennuierait plus que de raison.
Cette tragédie ou rapsodie est du commencement de la vieillesse de M. de Voltaire; et il me parait qu'on