‹ Correspondance inédite de Collé faisant suite à son journal, accompagnée de fragments également inédits de ses œuvres posthumesChapitre 105 sur 110 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ALZIRË, ÉMIRE.

ALZIRE

Eh bien ! veut-on toujours ravir à ma présence Les habitants des lieux si chers à mon enfance? Ne puis-je voir enfin ces captifs malheureux Et goûter la douceur de pleurer avec eux?

ÉHIRE.

Ah ! plutôt de Gusman redoutez la furie ! Craignez pour ces captifs ! tremblez pour la patrie ! On nous menace; on dû qu'à notre nation Ce jour sera lé jour de la destruction ^.

^ On nous menace, etc.

Alzlre, sur cette nouvelle, doit sortir de la scène (quelque part où elle soit, car on ne sait où elle est); elle doit courir à son père, à son mari, à Alvarès, pour défendre la cause de ces malheureux dont elle ne parle au commencement de cette scène que pour préparer son entrevue avec Zamore ; ou plutôt * c'est Fauteur qui l'a fait songer à eux, lorsqu'elle dit être occupée de tout autre chose.

On déplbie aujourd'hui l'étendard de la guerre. On allume ces feux enfermés sous la terre; On assemble déjà le sanglant tribunal.

Montèze est appelé dans ce conseil fatal. C'est tout ce que j'ai vu.

ALZIRE

Ciel ! qui m'avez trompée.

De quel étonnement je demeure frappée ! Quoi ! presque entre mes bras, et du pied de l'autel, Ousman contre les miens lève son bras cruel ! Quoil j'ai fait le serment du malheur de ma vie. Serment qui pour jamais m'avez assujettie ! Hymen ! cruel hymen ! sous quel astre odieux Mon père a-t-il formé tes redoutables nœuds?

Page 1