J4 CORRESPONDANCE INÉDITE
femme soit aussi naturel , à moins que vous n'en fassiez une vieille, du ridicule de laquelle vous pussiez tirer quelque comique ; car, en substituant ce valet à Mélisse, mon idée serait d'égayer un peu l'exposition et de l'alléger par-là.
Je tremble à vous dire toutes ces choses, Monsieur, parce que votre pièce est faite, et qu'en général ce n'est guère là le moment de donner des avis. Personne n'a consulté davantage que moi, mais je commençais par faire un plan , scène par scène d'abord , même quand ma comédie ne devait être écrite qu'en prose ; je le soumettais alors à la critique, et cette méthode, que j'ai toujours suivie, m'épargnait bien de la besogne par la suite.
Je ne tiens point, au reste, Monsieur, à tout ce que je vous dis là et à tout ce que je vous dirai encore, lorsque j'aurai épluché votre pièce de plus près; c'est ce que je croirai la vérité ^ comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire , mais ce que je croirai pourra bien ne pas valoir le diable! Ce qu'il y a de très-sûr, c'est que je serai trè$^ sincère, et c'est par cette sincérité que je prétends vous prouver. Monsieur, mon estime, mon parfait attachement et tous les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc.
Mille et mille tendres et très- étendus respects à madame Dupoirier.