FRAGMENT D'UNE LETTRE
tion parfaite, passe! Rien ne serait plus naturel et plus convenable à un lieutenant d'Alexandre le Grand !
L*on voit, dans tous les historiens, qu'après la mort de ce conquérant, ses capitaines, qui se partagèrent le monde, n'étaient occupes que d'initiations, ne pensaient qu'à se confesser aux prêtres de Babylone ou d'Éphèse, enfin à se convertir les uns et les autres.
Je crois même que saint Paul rapporte à ce* sujet quelques faits relatifs à ce caractère de dévotion, caractère distinctif des capitaines d'Alexandre. Il me semble, autant que je puis m'en souvenir, qu'il dit, dans une épître aux Éphésiens, « qu'une conscience timorée, des remords, une dévotion et une contrition parfaites, constituaient, généralement parlant, le caractère de ces grands honunes qui aidèrent le vainqueur de la terre à la conquérir. «
Supposons que saint Paul ait dit ce que je viens de rapporter, M. de Voltaire serait toujours blâmable de ne l'avoir pas suivi assez exactement. Il n'a donné ^.^aii^^ que je l'ai dit, que l'attrition à son Gassandre. ^
Encore une fois, ce n'est point là l'idée queles historiens nous ont laissée des lieutenants d'Alexandre. Ils ont tous tenu pour la contrition parfaite. Et n'y eût-il que ce seul défaut de vraisemblance dans les caractères, on ne me fera jamais prendre cette vessie de tragédie pour une lanterne^ quelque magique qu'elle soit.
Je crains très-fort , du reste , de mourir du désespoir que me cause cette apparence de succès. J'entrevois les suites qu'elle peut avoir pour moi. Messieurs les tragé-