TURGOT
24r TURGOT A CONDORCET 1775
Ce jeudi. [Septembre 1776] L'abbé Bossut demande si vous avez parlé de son affaire avec M. Trudaine. Si M. d'Angevilliers est disposé à lui accorder un logement, comme il est obligé d'examiner ses élèves du génie sur le dessin, il lui faut une pièce où il y ait du jour, et l'appartement de M. D'Alembert lui convient très peu. Madame d'Anville me mande que vous trouvez M. de Fargès assez raisonnable; je vous ai écrit hier sur Tétrange lettre que j'ai reçue de lui. Il peut être raisonnable que je cède à la nécessité ; mais il est un peu étrange qu'après avoir gardé le logement d'un autre pendant huit mois, on en demande quatre pour se déterminer à lui déclarer combien on veut le garder encore. Vous savez qu'il est très désagréable pour les gens qui travaillent de n'âToir pas un logement à demeure et je prévois que d'ici à plus d'un an, je serai en l'air. J'aimerais mieux que tout simple^ ment il prit l'appartement pour un an, que de l'emprunter de mois en mois, je sens bien qu'il est forcé d'être malhonnête par sa belle-sœur, à qui il n'a pas le courage de résister et qui n'est délicate ni en procédés, ni en société. Mais ce n'est pas une raison pour y joindre de Timpertinence. Adieu, je vous embrasse de tout mon cœur.