‹ Correspondance inédite de Condorcet et de Turgot 1770-1779: publie?e avec des notes et uneChapitre 19 sur 29 · CLXXXVIII · texte numérisé non relu

CLXXXVIII

Ce mardi, 10 septembre. [1775]

Je n'ai point traité l'affaire de l'abbé Bossut. Je verrai

M. Trudaine à Paris.

J'y serai vendredi, mais je compte aller ce jour [là] dîner à

St-Màur, chez M. Albert. Je vous y donne rendez-vous si cela

vous convient et, s'il vous convenait de venir ce jour-là à Paris,

nous pourrions y retourner ensemble,

Je ne vous parle pas de Tafiaire de votre logement dont je sens tout le ridicule ainsi que vous.

Je n'ai que le temps de vous embrasser.

Je vous prie de me faire dire l'heure de votre travail avec M. Trudaine. L'abbé Bossut (qui depuis mardi a une véritable passion pour vous) et moi qui suis de plus ancienne date, nous vousrendrons compte du projet que vous m'avez renvoyé hier. Je voudrais savoir votre heure ce soir et quelle n'empêchât point l'abbé Bossut de dîner chez M»« d'AnviUe. M. D'Alembert vous a écrit hier sous les yeux de M«« de Fouchy. Ainsi ri n'a pu vous expliquer cette histoire que je vous raconterai demain. Si vous voulez me voir au lieu de me répondre ce soir, fiûtes-le moi dire. Je ne sortirai qu'à six heures et demie et vendredi à neuf et demie.

PETITES QUESTIONS qu'on prend la uberté de présenter en toute HUJOLnii

A MONSIEUR LE CONTRÔLEUR GÉNÉRAL. (l)

Non. 1. Y a-t-il contre le projet d*amener

l'eau de l'Yvète à Paris d'autres objections que celle de la dépense ?

Oui, du moins en II. Ne trouverait-on pas Targent nigrande partie. cessaire à cette opération en vendant à

des particuliers une partie de cette eau?

Je n'en sais rien. III. La confiance que Ton a au Gou-

vernement actuel ne rendrait-elle pas ce moyen très-fecile î

(1) Questions de Condorcet. Réponses de Turgot.

Je le crois ; mais ce moyen par forme d'invitation du Gouvernement me parait un peu petit.

Je n'en sais rien.

Elle n'est guère en état de dépenser, car elle est ruinée.

Oui.

Comme personne n'en a déjà été chargé, il y a un petit complot de vanité à craindre; mais on peut prendre des tournures.

IV. Ne pourrait-on pas espérer que des particuliers très-riches qui aient la générosité ou la vanité de payer de leur argent Teau d'une fontaine publique à laquelle ils donneraient leur nom?

V. Ne pourrait-on pas mettre aux prises la vanité des moines ou des corps ecclésiastiques très-riches avec leur avarice et faire pencher la balance du côté de la vanité ?

VI. La ville de Paris ne dépense-telle pas annuellement à des embellissements superflus une somme que Ton pourrait employer à un ouvrage utile au peuple de plus d'une manière ?

VII. Ne faudrait-il pas conmiencer par revoir tout le travail de M. Deparcieux ?

VIII. Y aurait-il quelque inconvénient à charger de cet examen le comité que vous avez nommé ?

Fort bien.

IX. Ne pourrait-on , d'après cet eifamen, publier un nouveau mémoire plus court, plus frappant, plus aisé à lire, arrêter la quantité d'eau qu'on pourra vendre au public, en fixer le prix, les conditions de la vente et celle du paiement, fixer aussi le prix de l'eau pour les fontaines publiques que la générosité des particuliers voudrait élever?

Cet article est bien délicat et le plus difficile de tous.

Tout ceci sera fort aisé quand le plan sera bien fait et bien rédigé et qu'il embrassera la partie de l'art et la partie économique.

Ceci est difficile car il faut beaucoup d'argent pour payer les ouvriers.

X. Si la famille royale donnait rexempie sur les fonds destinés à ses plaisirs, ne serait-il pas suivi avec empressement ?

XL Comme en général on n*aime point à donner d'argent pour un objet éloigné et dès lors incertain, ne pourrait-on pas lever cette difficulté, «oit en donnant une plus grande solennité aux engagements de la ville de Paris, soit en n'exigeant l'argent de ceux qui auraient fait leurs soumissions qu'q>rès que l'eau de l'Yvette serait arrivée i Paris ?

Au Tremblay, le 8 octobre 177s, (1) Jai, Monsieur, donné à M. Du Pont le oui et le non que vous demandez sur vos questions. (2) Je ne finirai qu'à Fontainebleau l'afiTaire des jauges ; mais vous pouvez être sûr que lorsque je la terminerai, je n'oublierai pas l'intérêt que vous prenez au sieur de Mantes, dont j'ai donné le nom à M. Tnidaiae» Je suis venu passer ici quelques jours dans la solitude pour me reposer et pour avoir un peu de loisir. Je n'en ai pas autant profité que je l'aurais voulu ; j'ai cependant employé mon temps. Je ne sais si M. De Vaines vous a envoyé la lettre de change pour Euler. Je vous envoie la lettre que je lui écrirai en m&me temps afin que vous la corrigiez si elle n'est pas bien. (3) J*ai mis

(i) Turgot était auprès de sa sœur.

(2) Voyez la pièce précédente.

(3) Voyez la pièce cxciii.

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