Lettre de M. Asger Hammerik à l'auteur de la Notice
d'amour paternel. Que de bons conseils il donnait à son enfant chéri : « Tu es jeune, tu es fort, ne te laisse pas aller, à l'ennui, au découragement, et songe qu'avec les avantages que tu as et la santé, on peut surmonter bien des obstacles 1. » — « Cher Louis, écrivait-il encore à propos de certaines fredaines de jeune homme, tu ne trouveras jamais en moi un censeur tartufe de morale 2... » ce Figure-toi que je t'ai aimé même quand tu étais tout petit;, et il m'est si difficile d'aimer les petits enfants! Il y avait quelque chose en toi qui m'attirait. Ensuite cela s'est affaibli à ton âge bête, quand tu n'avais pas le sens commun ; et, depuis lors, cela est revenu, cela s'est accru, et je t'aime comme tu sais, cela ne fera qu'augmenter... Ah! mon pauvre Louis, si je ne t'avais pas^!... » L'année suivante, hélas! il le perdait, ce fils adoré, et il se replongeait, fou de douleur, dans l'anéantissement, dans le silence, dans la nuit.
Yainement essayait -on de lui proposer des distractions : (c Mon cher Damcke, répondait-il à une invitation, je me donne le luxe de rester couché. Ainsi, excusezmoi auprès de S... si vous le voyez. J'ai pris mon parti; je ne veux plus subir aucun genre de servitude; je ne veux plus rien entendre de force; rien louer de force. Qu'on me laisse mourir tranquille. Je vous pardonne seulement de me forcer à vous aimer*... »
Une artiste dont il aimait le talent, mademoiselle Bockholtz-Falconi,' parvint cependant à l'arracher à la torpeur où iL se complaisait en le mettant en relations avec M. Herbeck, maître de chapelle de la cour à Vienne, qui