‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives-- (volume 2)Chapitre 24 sur 52 · CL XXXIV · texte numérisé non relu

CL XXXIV

A AUG. LEWALD

ffién cherLewald,

Au moment de mon départ du Havre, j'ai reçu encore votre seconde lettre, et je vous remercié de l'intérêt amical qui y respire à chaque ligne. J*ài quitté le ÎBfavre plus tôt que je ne comptais pour consulter aussi vite que possible un oculiste à Paris. A Rouen, je n'y voyais presque plus; la pupille de Fœil droit était presque aussi grande que Tiris tout entier, et je craignais déjà le pire. Traité par le docteur Sichel, je suis assez bien remis, au bout de huit jours, pour y voir parfaitement bien; seulement, mes yeux sont encore faibles, je ne puis que peu lire, encore moins écrire. Quel épouvantable malheur que la cécité I

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A J. CAMPE

Barir, le Ssi^pteflibieriga?.

A vrai dire, cher Campe, je ifaî rien à vous man«der aujourd'hui, sf ce n*est qne' mes yeux vont" mieux, et que la terreur dfe la cécité s'effkce peu à" peu de mon âme. Xe viens seulement de voir chez Heideloff lé troisième volume dû Salon; envoyezm'en quatre exemplaires. — A pro]ftos de Hetddoffl, je me suis entendu avec lui ; la crainte d'une contresfaçon, que votre dernière lettre avatt éveîHée en moi, n'existe plus. J'avais appris par Hfasartf, ert efiet, que Heideloff imprimait ici Uhland sou» un faux nom ; une dîzaine de feuilles d'épreuves m'étaient tombées sous la main, grâce à l'indiscrétîoif d'un correcteur, et je Gvm^mf naturellement que ce ne fût bientôt mon. tour. Je m'en suis ouvert franchement avec Heideloff, et il m'a donné Tassurance que je n'avais rien à craindre, que nous* ne pouvions l'un et Fàutre que nous être utiles^ sans nous nuire ; et, en effet, ma position ici, et d'autres

circonstances dont je vous parlerai plus tard, me permettent d'être fort utile à Heideloff, ne fût-ce qu'en ne soutenant pas de mon nom les librairies d'opposition qui se forment ici, — ce qui ne peut que lui être fort agréable. Ainsi, par exemple, j*ai refusé formellement, ces jours-ci, la demande du Cercle de lecture allemand qui voulait avoir quelques lignes de moi pour une annonce d*éclat ; je me fais même ainsi des ennemis. Bref, vous pouvez vous rassurer pour la contrefaçon. En tout cas, je défendrai vos intérêts à la vie et à la mort. — Quant à Menzel, point de nouvelles; c'est une sottise, à lui de se taire ; s'il est encore muet pendant trois mois, le voilà perdu pour toujours. Peut-être, à cause de la faiblesse qui me reste aux yeux, devraije passer plusieurs semaines encore sans travailler. — Adieu; écrivez-moi ce qu'il y a de nouveau. Votre ami.

GLXXXVI

AU MÊME

Je vous prie, cher Campe, de faire paraître aussi vite que possible, dans le Correspondant de Hambourg, la lettre ci-jointe de Stuttgart; il faut que

CORRESPONDANCE INKDITB 269

Runkel * s'y prête; autrement, que le diable Temporte ! Cet article, précisément à cause de sa moderation, fera le meilleur effet. Je compte sur votre crédit et votre influence pour qu'il paraisse dans le Correspondant. Sinon, publiez-le dans quelque autre journal répandu. En tout cas, que personne ne sache que c'est moi qui vous l'ai communiqué. — Mes yeux vont bien, je suis presque complètement rétabli. — Votre ami.

« Stuttgart, le ... octobre.

» Wolfgang Menzel va nous quitter ; il se rend à Waldenbourg, en Silésie, où le mari de sa mère, M. EIsner, qui écrit dans la Gazette d'Augshourg de spirituelles correspondances sur le commerce de la laine et l'élève du bétail, est gérant d'une terre. Noire ville perd en lui un citoyen spirituel et actif (fax a introduit un mouvement salutaire dans l'existence invégétative de la somnolente Souabe. Depuis

1. Le rédacteur du Correspondant; il était lié ayec Heine, mais ne voulut pourtant pas accepter, pour son journal, la lettre qui lui arrivait ainsi de Stuttgart.

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que le docteur Strauss * a mis en lumièare 1- énxâition deMenzei, et même son Garactàpepersonael^dhns su brochuro sur le dénonciateur^ la pa^olongat^m de. son séjour iei était devenue impossîide, à moins quil' n'eût ftnr par se résoudre k profiter' de' l'oA^e d» Heine pour* démentir; autrement que parckss mcytev la plus outrageante de» aiscusnitfons; c'est ceqoei^ clasmait tï*ès^'osiMvementt le* petit nomiM» ds^ami» qui ne Font pas encore abandonné. M. tfemasl^flniiia: peut-être — nous voulons Tespérer — par surmonter sa répugnance naturelle pour le moyen de salut qu'on lui propose. »

CLXxxvm

Paris,, le jpur annivereaire de la bataiUe de Leisiig^ en ràn de grâce 18371

Txèsrcher ami,.

f a£ vœ avae; obagriav P^^ ^fitrfti dMiià0e:Ieittl%. quavauaBéliefli^ soiiffirfmfe :: j'aqaèaftvappMaidfife Immr tôt que vous êtes rétabli.

lavoyez-iBoii donc; ee^ qu^oD du émik sm noire

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