I. Gans avait publia, en iSif), uq Copin^tair^ s^r Q.9ÏU
si je viendrais à Gœttingue? Mais pourquoi me casser la tête à découvrir les raisons qui me font aller à Berlin? Suffit, j*y vais. Je suis dépité d'apprendre que lès Robert partent ce mois-ci pour Vienne. N'était cela, je me figurerais que je vais à Berlin pour madame Robert. Mais madame de Varnhàgen...?
Oui, je me réjouis de revoir cette charmante femme. Mais pourquoi çncore me creuser la tête? Suffit, je vais. Je t'écrirai avant mon départ, afin que tu puisses me louer pour quelques semaines une chambre tranquille.
Ton loQg silence m*a fait passer de mauvaises heures et a réyeillé en moi bien des pensées maqvai§es. — Mais est-ce ta faute si tant de mauvaises choses sont ainsi latentes en mol, et apparaissent à la moindre pccasjon? Ne di§ à personne (jue je vais à Berlin; car j'ai de sérieux motifs pour désirer qu'on ignore ce projet à Hainbourg^ jusqu'à ce que je l'aip mis à effet. D'ailleurs, je nç veux p^ dissiper en visites les premiers temps de mon séjour. Tu verras où j'en sujs avec ma pauvre tête, et comW^n je dois m'interdire toute excitation. Je t'eu priç à l'avance, quand nous serons ensemble, pas un mot de Hegel ; prends des leçons d'Auerbach pour pou-
|.')*2 (TKUVRKS DR HRNRI IIKINK
voir me dire beaucoup de choses fades et insipides; mets-toi dans la tête que je suis un sot comme Caïus et Titius, etc. Surtout ne me demande aucune preuve de vigueur, comme tu le fais dans ta lettre; que ma poésie soit morte ou non, et quoique puissent dire de moi nos gens esthétiques de Berlin, que nous importe? Je ne sais pas si l'on a raison de me considérer comme une lumière éteinte; je sais seulement que je n'écrirai rien aussi longtemps que les nerfs de ma tête me feront souffrir; je sens plus que jamais le Dieu en moi, et plus que jamais le mépris pour la foule; mais, tôt ou tard, il faut que la flamme de l'esprit s'éteigne chez l'homme; d'une plus longue durée — peut-être d'une durée éter- nelle — est cette flamme de l'amour (l'amitié n'en * est qu'une étincelle) qui pénètre de part en part notre pauvre corps fragile. Oui, Moser, si cette flamme était près de s'éteindre, tu pourrais être inquiet. Mais il n'y a pas de danger encore, je la sens brûler en moi.
J'ai envoyé dernièrement au professeur Gubitz un cycle de petites poésies * pour être publiées dans
1. C'étaient trente-trois Lieder du cycle intitulé le Retour, Voir Drames et Fantaisies, 1865.
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le Gesellschnfter, Dis-lui de^ les faire paraître bientôt, et, si cela a lieu avant mon arrivée, fais-toi remettre par Gubitz huit exemplaires de ces poésies; car je ne les ai envoyées qu*à cette condition.
Je désire que tu en fasses brocher trois exemplaires, chacun à part, et que tu en envoies deux, sous/« bandes, franco^ à ma sœur. Adresse à madame Charlotte d'Embden, née Heine, N. Wall, 167. Tu enverras 'le troisième de la même manière à M. le docteur Cristiani, à Lunebourg. — Pardonne-moi toute la peine que je te donné.
Je resterai sans doute ici jusqu'au 2 ou 3 avril, et, si alors les poésies sont imprimées, et qu'un exemplaire puisse encore me trouver à Gœttingue, j'aimerais que tu pusses me l'envoyer de la même manière. — Beaucoup de ces petits poëmes ne pourront te plaire, ni à toi ni à d'autres, et ils ont pourtant, surtout dans la forme, quelque chose de tout à fait original, et, par conséquent, une réelle valeur.
Salue pour moi ton ami Lessman ; je me réjouis de faire sa connaissance.
Adieu ; aime-moi toujours, et contente-toi de ce
que je suis et serai, sans rechercher subtilement ce
que je pourrais être. Ne va pas non plus mourir * avant que je t'aie revu.
XXXÏI
AU ¥K4fE Magdebourg, le 4 avril 1824.
PJjpr Mo^r,
Il y a déjà quelques jours que je suis à Magdebourg, et mon ami Immermann, qui y vit maintenant, me retient ferme. Mais peut-être, demain, je m'arracherai de nouveau à lui, et partirai pour Berlin par une occasion, ou avec la malle-poste. Dans ce dernier cas, je t^adresserai ma malle. Aie maintenant la bonté de louer pour moi, n'importe où, une chambre à la semaine si c'est possible, pas trop chère, mais aussi pas mauvaise. Non pas chez un juif, à cause de , et nulle part dans le voisinage d'un serrurier ou de quelque autre artisan frappe^jir ; avise aussi â ce que la chambre ne soit pas contiguë à quelque appartement où l'on parle à grand bruit. Excuse-moi de te donner tant de peine, moi qui ne saurait t'en récompenser autre-
CORRESPONDANCE IXÉpiTE ^55
n^ent que j^ar mon an^itié. Je ne ipe trouve pas irhbien; j'ai p^ssé une mauvaise nuit daqs le Har^z : rien c|ue montagnes riei^euses^ et qu^ le diable ^mporte son cher Blocjtsberg * ( -r Les corbçgqx voltigent toujours ^ufour du Kiflfhaus^r,. ej; }q vj^uj^ sire avoc sa barbç rQjiissp pourra patiepter qjiplqjui^ temps encore.
Je pe saurais ^ien tp dire de Magcjl^bQifrg, si <^ n'est que cette ville ^nferme dan^ ses p^urs una ip9* gnifique cathédrale, et, dans ce ipopr^ent, deif^ Xth%^ considérables poètes, l^'iii^ e;^t tQn ami.'
A VARNHAGEN
I Berlin, le 14 avril i83i.
A Monsieur le Conseiller de Légation Yamhafjen d'Ense.
Lorsque je vous ai rencontré, l'année dernière, à Hambourg, j'ai fort })ien senti (ju'il y avaif dans votre manière d'apiir aver moi quelque chose de
ï. Somn)ilé (]a Brocken, ct^lAbre par les sab^^als diabpljqves de la légeiKJo.
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blessant; mais j'étais alors trc'S-pn' occupé, et je laissai tout passer autour de moi comme en un rêve ; plus tard seulement, quand je fus plus cajnie et plus éveillé, j'arrivai à la conscience claire que vous aviez réellement montré pour moi des façons blessantes,. et que cela s'était même exprimé par un fait. Ce fait, c'est que vous avez qualifié carrément de non-vérité l'assurance que je vous ai donnée d'avoir demandé à Fouqué la permission de communiquer à mes amis la poésie qxi'il m'a dédiée. Il est inutile de dire ici combien cela m'a causé d'heures de tristesse, et combien même le souvenir de tant d'attachemenj et de bonté que vous m'aviez témoignés autrefois, en a été troublé. Il est encore plus superflu de dire que je n'ai pas trouvé à propos de procéder dans cette affaire avec les formalftés et arlecfuinades ordinaires, si peu conformes à notre caractère et à nos relations réciproques; j'ai préféré tout remettre au temps, le grand médiateur. Celui-ci aura déjà fait quelque chose, et, pourvu que vous lisiez la feuille ci-jointe*, il voUs