‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives--Chapitre 25 sur 51 · Voici cette feuille · texte numérisé non relu

Voici cette feuille

• A la demande «le M. Henri Heine, j'atteste que ce dernier^ pu ajirès avoir reçu, dans le mois de juillet, une poésie que je

sera dëmonln' que vous m'aviez fait grandement . tort. —Ce qui précède est le motif pour lequel je ne vous ai pas écrit précédemment, et ne me suis plus ouvert à vous avec la confiance d'autrefois. Vous pouvez cependant être sûr que Faffection et la reconnaissance que j'avais autrefois pour vous sont restées les mêmes, et que les sentiments de chagrin et de douleur que vous m'avez causés plus tard s'évanouissent de plus en plus chaque jour, et dans le moment même où j'écris ceci. Aussi je ne demande de vous aucun éclaircissement; je sais ce que vous pensez, cela me suffit, et je (fésire même, si cela se peut fair§ sans contrainte, qu'il ne soit jamais question entre nous de cette lettre que je vous écris pour obéir à un besoin de mon cœur.

J'attends encore beaucoup du grand médiateur, et

J'espère qu'il vous permettra d'apprendre à mieux me connaître, et de vous persuader combien je suis votre ami.

lui avais adressée, m'a écrit pour me demander l'autorisation e]i presse de la communiquer k ses amis, parce qu*il ne pouvait pas répondre que l'un ou l'autre d'entre eux ne la publiât.

• Frédéric , baron ^e la Motte-Focqu^, major et chevalier.

« Berlin, le iO avril 1824. »

lo8 OEUVRES DE HENRI HEINE

A H. MOSER

Gœttingue, le 17 mai 1831.

Cher Moser,

Je suis revenu de Berlin en deux fois vinçt-quatre

heures; mercredi, à six heures, j'entendais «encpre

daps la voiturp le son de ta voix, et sapnedi, h six

heur.es, résonnaient déjà à nies oreilles lés accords

ennuyeux des philistins et des étudiants de Gqettin-r .

^ue. J'ai dû traverser Magdebourg sans voir Immer-

mann. La po$te ne s'y arrêtait qu'une demi-heure;

il m'aurait fallu y passer plusieurs jours, si je l'avais

manquée, çt il me tardait trop de me remettre au

1 travail. Me voici donc à Gœttingue tout à fait isolé,.

et j'écoute Jes Pandectes, ou biep je suis assis au

! fond de ma taverne, le cœur plein d'une langueur

; indéfinissable, et d'un fatras juridique encore plus

I incompréhensible. Je me trouve assez bien, ma tête

! n'est pas encore tout à fait libre, mais au rjioins je

n'en soutire pas. Je compte pour cet été être débarrassé de bien des misères, -;- je l'i^spère plutôlr car

CORRKSPOXDANflE IXKDITK 1o9

il ne faut pas oublier que nous sommes dans Texil (Gohles); j'aurai peu à t'écrire cet été; à Berlin, au contraire, il se passe chaque jour quelque chose qui m'Intéresse, et il faut que tu m'écrives beaucoup.

Aujourd'hui, je veux te faire une surprise agréable, en te confiant un message qui, entre frères, vaut bien mille écus. Il s'agit de présenter à la belle madame Robert le sonnet ci-inclus. Ne le laisse voir auparavant à âme qui vive. Il ne vaut pas grand'chose, mais j'avais promis d'adresser une poésie à cette belle personne, et, pour une œuvre de circonstance ainsi commandée, où la convenance exigeait d'un côté, et de l'autre interdisait tout véritable sérieux, celle-ci n'est pas encore trop mauvaise, et plaira à la charmante jeune femme, et la réjouira, et pourrait bien rapporter au messager, s'il n'est pas trop timide, un tendre pourboire. Dans tous lés cas, tu attraperas quelque chose, peut-être un grand éclat de rire.

. Dis à la belle femme que je lui écrirai bientôt.au sujet de VAlmanach^ et que je n'ai pas vu Immermann, mais que-je lui ai déjà écrit pour le même sujet. — Si Rubo est de retour de son voyage, priele de te remettre le cahier de Meister qu'il m'a pro-

mis, et je te serai extraordinairement obligé de me renvoyer aussi vite que possible. — Comment se comporte Gans ? Est-il revenu à la raison ? — A mon arrivée ici, j*ai trouvé un gros paquet de Rousseau renfermant le journal l'Agrippine^ avec le grand morceau de critique sur mes poésies, et plusieurs éditions nouvelles des œuvres de mauvais poètes rhénans, qui me les adressent avec les courbettes les plus profondément respectueuses; enfin, le Livre des Sentences de Rousseau lui-même, qu'il m*a dédié d'une façon très-aimable. Je ferai en sorte que tu reçoives un exemplaire de ce petit livre, et tu tomberas d'accord avec moi qu'il y a là de très-excellentes choses. — Salue toutes mes connaissances, surtout Zunz et sa femme.

Voici nion adresse : H. H. de D., studiosus juris^ chez Ebêrwein, Gronerstrasse, Gœttingue.

Dis à Lehmann que je regrette de ne pas l'avoir vu avant mon départ, et que je lui écrirai incessamment. Salue aussi très-cordialement Lessmann, que je remercie pour l'aimable con^unication de. sa Déesse : je m'en délecterai aussitôt que je l'aurai sortie de ma malle. Car je note ici, pour toi, que je viens précisément de recevoir la petite malle : je te

remercie de tous tes soins. Aime-moi toujours! et sois persuadé que je ne cesserai jamais d'être ton ami. ,

P.-5. — Je te prie, fais dire à mon cousin Schiff que je n'ai pas encore trouvé la recette qu'il me demande; fais-le bientôt; autrement, le drôle me coûtera encore un port de lettre.

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