‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives--Chapitre 28 sur 51 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

A Af. MOSER

Gœttinguc, le 25 juin 1824.

Cher Moser,

Ce matin, il me revient à t'esprît cpxe Je ne pùîs attendre de tes lettres avant d'avoir répondu k ècllc dEÉ 31 mai, puisque^ avec tods Tes côtés multiples de ta nature, il doit y avoir nécessairement èhez tôî un coin de philistin. Cela est vexant; cîrr, àix tbîid^ il m'est dur de t'écrire aujourd'hui, parce que je n'aî rien de précis à te dire, et que, pourtant^ en écrivant, tant de choses risquent de sortir dé mon cœur en vagues paroles ! Mais que le diable

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emporte le vague^ si tant est qu'il ne soit pas le vague lui-même! Je vis ici dans la vieille ornière; huit jours sur sept, j'ai mes maux de tête; je nae lève à quatre heures et demie du matin, et réfléchis à ce que je ferai d'abord ; en attendant, arrivent lentement les neuf heures, et je me hâte, mon portefeuille sous le bras, au cours du divin Meister; — oui, le gaillard est divin, il est idéal dans sa sécheresse, la plus parfaite antithèse de toute poésie, et, par là, précisément, il devient une figure poétique; et c'est même quand le sujet qu'il expose est tout particulièrement sec et coriace qu'il arrive à un véritable enthousiasmé. De fait, je suis parfaitement content de Meister, et, avec son aide et celle de Dieu, je finirai par me tirer des Pandectes.

En outre, j'étudie beaucoup les chroniques, et tout particulièrement VHistoria judàica. Cette der* nière à cause du Rabbin *, et peut-être aussi d'un besoin intime. Des sentiments tout particuliers m'émeuvent quand je feuillette ces tragiques annales ; une plénitude d'enseignenients et de douleur. L'esprit de l'histoire juive se révélé à riiôi de plus en

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