ht Rttbbin de Bacearach
plus, et cette initiation intellectuelle me sera certainement très-profitable dans la suite. Je n'ai écrit encore qu'un tiers du Rabbin ; mes maux de tête ont malheureusement tout interrompu, et Dieu sait quand et comment je pourrai terminer. J'ai remarque, à cette occasion, que le talent de raconter me manque absolument. Est-ce que, par hasard, je me fais tort, ou bien cela tient-il à la nature réfractaire de mon sujet? La fête de Pâques m'a réussi;' j'ai à te remercier de la communication deYAgade S et je te prie de m'envoyer encore, traduit mot à mot, le Cho Lachma Anja^ et la petite légende, Maasse b* Rabbi Eliezer^^ ainsi que le passage du psaume' dans la prière de nuit : « Dix mille hommes d'armes se tiennent devant le lit de Salomon. » Peut-être donnerai-je, comme supplément au Rabbin, quelques feuilles à! Illustrations à la manière anglaise, un ex-
1. Voir page 31 il du volume des OEnvres de Heine, intitalé : Dramet et Fantaisies, Paris, 1865.
2. Ces mots syriaques, e*ho lachma. anja, « voici le pain de la misère •, ouvrent une longue série de prières et d'enseignements rabbiniques, renfermas dans un petit livre nommé Agade (HaÇ' gada)y c'est-à-dire légende, où se trouve aussi le Maasse V Rabbi Éliezer (récit du rabbin Êliézer), et qui sont lus dans les familles juives, les deux premiers soirs de la fête de Pâques. Ces paroles se rapportent à la captivité d'Ëgj^pte. ^
r.ORRtïipOM)A.NCE INÉDITE ^69
trait d'idées originales sur les Juifs et leur histoire. — Benjamin de Tudèle % qui se promène sur ma tablé;, te salue cordialement. Il désire que Zunz le prenne un jour en maips et le publie en traduction. Le travail de ce genre du docteur français Witte, que j'ai là devant moi, est au-dessous de toute critique; pur verbiage d'écolier. Pour ce qui concerne les Juifs de Francfort, le livre de Schudt^ m*a été fort utile; j'ai lu d'un bout à l'autre ses deux inquarto^ et je ne sais si j'ai été plus irrité de la méchanceté anlijuive (Rischess)^ qui est répandue sur chacune de ses pages, ou amusé de la lourdeur de butor avec laquelle cette méchanceté s'exprime. Oh ! combien nous nous sommes formés, nous autres , Allemands ! Il me manque encore des notes sur les juifs espagnols, au xv* siècle, et particulièment sur leurs académies en Espagne, vers ce temps (où trouverai-je cela?), ou, pour mieux dire, cinquante ans avant leur expulsion. Il est remarquable que, l'année même qu'ils furent expulsés, le nouveau
1. Juif navarrais du xn* siècle, qui parcourut une grande partie du monde côhnu, et écrivit en hébreu le récit de ses voyages.