‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives--Chapitre 44 sur 51 · A WILHELM MULLER · texte numérisé non relu

A WILHELM MULLER

ïe poète des Chants de la Grèce.

Hambourg, le 7 juin 1826.

En vous adressant mes Reisebilder^ je saisis Toccasion pour vous envoyer aussi quelques paroles cordiales. Il y a longtemps que j'aurais dû voUs écrire et vous remercier de Taccueil sympathique que mes Tragédies et mes Lieder ont trouvé auprès de vous. Mais je voulais attendre que les brumes obscures qui enveloppaient mon âme se fussent un peu dissipées; — c'est vous dire 'que j*ai été longtemps malade et malheureux. Maintenant, je le suis encore à demi, et peut-être cela pourrait-il s'appeler

i. W. MuUer mourut jeune, l'année qui suivit celle où Heine lui adressait cette lettre chaleureuse. Il n'avait que trente-deux ans. — Ses chants grecs eurent beaucoup de retentissement^ mais sont un' peu oubliés, comme toute la littérature philhelléniqae de l'époque. — MuUer avait le sentiment de la nature et le sentiment populaire. Sa langue est simple et sans rechefche : on comprend que Heine Tadmirât. — Il avait été volontaire pendant les guerres de Tindépendance, et s'était trouvé à la bataille de Lulzen.

ici-bas le bonheur. Quant à la poésie, cela va mieux encore, et j'ai bonne espérance pour l'avenir. La Mer du Nord est du nombre de mes meilleures poésies ; vous y verrez quelles nouvelles cordes je fais vibrer et de quels modes nouveaux je m'enrichis. Je suis assez grand pour vous dire sans détour que mon petit ryhthine de Y Intermezzo n'a pas seulement une analogie accidentelle avec votre forme métrique, mais qu'il doit vraisemblablement sa cadence la plus intime à vos propres Liederj car ce sont ces Lieder bien-aimés que j'appris à connaître dans le temps même où j'écrivais Y Intermezzo. De très-bonne heure déjà ma poésie a subi l'influence du chant populaire allemand; plus tard, quand j'étudiais à Bonn, W. Schlegcl m'a initié à bien des mystères métriques, mais ce n'est que dans vos Lieder que je crois avoir trouvé la pure mélodie et la simplicité vraies que j'avais toujours cherchées. Combien vos Lieder sont cîairs, purs 1 et tous sont des chants populaires! Dans mes poésies, au contraire, c'est la forme seule qui est populaire; le contenu appartient au monde de convention. Oui, je suis assez grand pour le répéter encore, et je le reconnaîtrai publiquement un jour, c'est la lecture de vos premières

poésies qui m'a fait comprendre comment, des anciennes formes de chants populaires existants, on pouvait tirer des formes nouvelles, populaires aussi, sans qu'il fût besoin d'imiter en même temps les rudesses et les louçdeurs de l'ancienne langue. Dans la seconde partie de vos chants, j'ai trouvé la forme plus pure encore et plus transparente. — Mais pourquoi tant parler de formes poétiques quand j'ai hâte de vous dire, qu'à part Gœthe, il n'y a pas de poëte lyrique que j'aime autant que vous? Le ton d'Uhland n'est pas assez caractéristique, et appartient proprement aux vieilles poésies dont il tire ses sujets, ses images et ses tours. Riickert est infiniment plus original et plus riche; mais j'ai à blâmer en lui tout ce que je blâme en moi. Nous sommes parents dans l'erreur, et il m'est souvent aussi insupportable que je le suis à moi-même. Vous seulement, Wilhelm Muller, je vous goûte sans arrièrepensée, avec votre fraîcheur éternelle et votre jeune originalité. Quant à moi, comme je l'ai dit, cela va mal; le poëte lyrique en moi est à sa fin, et vous le sentez vous-même sans doute. La prose me reçoit dans ses amples bras, et vous lirez, dans les prochains volumes des Reisebildei\ beaucoup de folies,

de duretés et de colères en prose; surtout de la pblémique. Nous vivons dans des temps trop mauvais, et celui qui a force et courage est tenu d'aller serieusement au combat contre le mal qui s'enfle d'orgueil, et la médiocrité qui se pavane d'une manière si insupportable.

Ne m'oubliez pas, je vous en prie ; ne vous méprenez pas sur moi, et vieillissons ensemble dans une lutte commune. Je suis assez vain pour croire que mon nom, quand nous ne serons plus, sera nommé avec le vôtre : soyons donc aussi dans la vie alliés par l'affection. Je ne veux pas relire ce que je vous ai écrit; j'ai laissé courir ma plume en songeant à vous, et je vous aime trop pour réfléchir beaucoup si je vous en dis trop ou trop peu.

A n. lIOSER

Norderney, le 8 juillet 1826. .

CherMoser, v

Ce sont les dieux qui sont coupables de mon long silence. Je leur mets tout sur le dois. C'est le plus commode.

Souvent, dix mille fois souvent, dirait un Chinois, je pense à toi et il ne se passera pas long^pmps que je ne te revoie face à face. Je compte passer Thiver, au moins en partie, à Berlin. Mes pensées là-dessus ne sont pas encore arrêtées ; mais il est très-certain que quelque chose me pousse irrésistiblement à dire adieu à la patrie allemande. C'est moins le désir de voyager que les tourments de circonstances personnelles (par exemple, le juif indélébile) qui me chassent d'ici.

Ma santé s' améliore, pas complètement encore, mais peu à peu... — Me voilà de nouveau voguant sur la mer du Nord. L'élément salé me convient; je suis heureux et léger, quand mon bateau est jeté çà et là comme une balle par les vagues; la noyade m'est une pensée consolante, la seule consolation que m'ait laissée le cruel prêtre d'Héliopolis en ne mettant pas un plancher sous l'eau.

Comme le myth^ du Juif errant est profondément vrai ! Dans le val silencieux, au fond de la forêt, la mère raconte à ses enfants frissonnants l'horrible légende; les petits se pressent autour du foyer; au dehors, la nuit, le cor résonne; -^ ce sont des trafiquants juifs qui passent et roulent vers la foire de

Leipzig. — Nous autres qui sommes les héros. de la légende, nous ne le savons même pas. Aucun barbier ne •peut raser à fond la barbe blanche que le temps a rajeunie en en noircissant le bord.

Ton ancienne image, « le Christ gigantesque, avec sa couronne d'épines, cheminant à travers les siècles, » me revient à la mémoire. Tu es plus doux et meilleur que moi; c'est pourquoi aussi tes symboles sont plus beaux, plus doux, plus cléments.

Mon Christ sur les eaux (douzième poésie de la mer *) a excité beaucoup de colère contre moi; en général, les ^eisebilder m'ont fait suflSsamment d'ennemis. Je suis enchanté que le livre t'ait plu. Wohlwill me dit que tu en feras le compte rendu. C'est très-grand, très-noble à toi... Plaisanterie à part, dans ma fatale position, il m'a été très-utile que ce livre ait rencontré quelques jugements favorables. Ce que tu pourras faire encore, fais-le. Ma situation financière, grâce à ce volume, s'est aussi améliorée. La seconde partie* sera publiée à la fin de l'année. Il s'y trouvera beaucoup de choses fort

1. Voir, dans la série de Lieder intitulée la Mer du Norà, lo morceau ffui a pour litre :* la Paix. — (Poèmes et Légendes, ■page 133, — Paris, Micliel Lévy frères, 18G5).

surprenantes, par exemple le Rabhin. « Et jamais tu n'as reçu de conseils de la déesse de la prudence, Pallas-Athénè *. » Tu as raison, toujours raison.

... D*ici, je ferai une petite pointe en Hollande; mais, au commencement de septembre, je serai à Lunebourg, où, si tu veux m'écrire, tu peux adresser ta lettre. Dis-le à mon frère, qui autrement ne saurait pas où je suis. — Salue très-cordialement Lehmann ; il a bien mérité que je pense à lui avec affection. Peu avant mon départ de Hambourg, j'ai fait visite à madame Bella Veit.

A Guxhaven^où le vent contraire m'a retenu neuf jours, j'ai passé bien des belles heures dans la société de Jeannette Jacobson, alliée Goldschmidt. Non, je ne veux pas te mentir; ce n'est pas le vent est-ouest, mais bien la dame est-ouest elle-même, qui m'a retenu neuf jours à Cuxhaven ^. Oh! elle est belle et aimable. Quand son mari est auprès d'elle, il semble qu'elle ne soit pas mariée; car

1. Ce sont deux vers d*une des poésies de la Mer du Nord, € Poséidon. »

2. D'après cette indication, et la lettre qui suit, il semble que la lettre adressée à Moser a été datée, par erreur, du 8 juillet, au lien du 8 août, à moins que ftelle à X. X., ne doive porter la date du 25 juin, au lieu du 25 juillet.

il est SI insignifiant, qu'il ne signifie rien, — mais de cœur excellent.

Norderney, le 2$ juillet i82e.

Cher ami.

Grand merci pour ta lettre, que j'ai bien reçue à Ritzebiittel, ainsi que le roman de Walter Scott. Je suis arrivé ici hier à midi, après avoir attendu huit jours à Guxhaven. Madame Goldschmidt est une très-belle femme; à part cela, rien de plus ennuyeux que Guxhaven, un nid auquel je donnerais le nom qu il mérite, s'il n'était pas sous la protection de la ville libre de Hambourg. Mais madame Goldschmidt est fort belle.

Je suis parti de Guxhaven avant-hier, à une heure du matin. G'était une nuit sauvage, et mon humeur

i . Correspondant inconnu de Hein«, et qui parait avoir été l'un de ses amis les plus chers. Les éditeurs hatnbourgeois de Heine, disent une seule chose à son sujet, c'est fu'il est mort et que son nom ne peut êlre indiqué.

n'était pas non plus fort douce. Le vaisseau était en rade à une assez grande distance, et la yole où j'étais monté pour l'atteindre fut rejetée trois fois dans le port par les vagues insensées. Le petit esquif se cabrait comme un cheval, et peu s'en fal- . lut qu'une foule de tableaux de la mer, non écrits encore, îie coulassent à fond avec leur auteur. Toutefois, — puisse le maître des atomes me pardonner ce péché! — ce fut un très-boii moment pour moi.

il y a ici beaucoup de mouvement. La belle femme y est déjà, ainsi que la princesse de Solms, avec qui j'ai passé ici des jours très-agréables l'an dernier. J'ai déjà joué quelque peu, et plus heureusement qu'à Guxhaven, où j'ai pecdu cinq louis. Je t'écrirais plus longuement aujourd'hui, si je n'étais obligé de me baisser d'une manière fatigante : la table où je t'écris, dans une petite cabane de pêcheur, est trop basse. Dieu sait si jamais Ton a écrit sur cette table...

Si les journaux populaires de Hambourg se sont encore déchaînés contre moi, je te pri« de me le dire. — Maudite table!

Je t'écrirai plus longuement au premier jour — table maudite! — et j'espère aussi recevoir bientôt

une lettre de toi. L'aftectueux intérêt que tu prends au méchant Heine me réjouit indicïblement.

Oh t comme c'est une chose réjouissante De trouver encore un tel jeune homme, De notre temps, où chaque jour, etc. ^

Tu vois par ces vers combien je suis mauvais, et mérite peu la bonté et l'affection de mes amis. Mais, pour être juste, il faut dire qu'au lieu de ces vers, j'étais sur le point d'écrire quelque chose d'amical, d'intime, de plein d*âme^ et que, comme d'habitude, le démon de l'ironie à substitué à tout cela des paroles contraires.

i. Voici le morceau auquel sont empruntés ces vers :

« On ne saurait avoir assez de considération pour cet aimable jeune homme; souvent il me régale avec des huîtres, avec du vin du Rhin et des liqueurs.

» Son frac et son pantalon collant sont de la dernière élégance, ersa cravate est plus élégante encore; ainsi vêtu, il vient chaque matin et s'informe si j'ai bien passé la nuit

» 11 parle de ma grande renommée, de ma grâce, de mes saillies; pour me servir et m'ôtre utile, il est tout zèle et tout fou.

» Et, le soir, dans le monde, avec un geste enthousiaste, devant les dames, il déclame mes poésies divines.

• Oh! comme c'est une chose réjouissante de rencontrer encore un semblable jeune homme, de notre temps, où l'on voit chaque jour, disparaître les hommes de bien I >

Adieu, et sois aussi heureux que cela est possible à un honnête homme.

Le 28 juillet 1826.

Le bateau-poste n'est pas parti, et je puis Renvoyer encore quelques lignes/ — On s'amuse beaucoup ici. Bruit des vagues, belles femmes, bonne table, et repos divin. Pourtant, je me sens trèsabattu. C'est Taffaissement qui suit de grandes tempêtes. Pensées de papier mâché^ et sentiments butireux. Dans ce marasme, je recueille pourtant en moi bien des vues de la nature, et ma fantaisie élabore mainte poésie ébauchée : des Tableaux de la mer et mon Faust commencé. — Je resterai bien un mois ici, et, si je regagne ce que j'ai perdu au jeu (hier la fortune m'a de nouveau abandonné), je ferai probablement un voyage en Hollande. Il y a un charme tout particulier dans cette existence incertaine, où tout dépend d'un caprice du sort. Mais garde-toi bien de raconter à personne ces folies. — J'ai du plaisir à me montrer à toi avec toutes mes faiblesses.

... Dans ce moment, je me sens pris d'un accès de sentimentalité; — mon âme est triste! — Je me hâte de finir ma lettre.

(( P.-S. — La mer était si furieuse, que plus d'une fois j'ai cru y rester. Mais je suis de sa famille, elle ne me fait pas de mal. Elle sait fort bien que je puis être encore plus fou qu'elle. Et puis ne suis-jepas le poëte de cour de la iper du Nord? — Elle sait qu'il me reste une seconde série de poëmes à écrire. »

À VARNHAGBN

Norderney, le 29 juillet 1826.

Cher Varrihagen,

Puissent ces lignes vous trouver complètement rétabli ! Une dame Empich (conseillère de justice), qui est ici avec ses filles, m'a dit que vous souffriez encore. Elle m'a raconté aussi combien notre divine Frédérique * avait été inquiète pendant votre rude maladie. Nous autres poëtes comparons sottement les femmes aux anges, comme superlatif; nous ferions mieux vraiment de comparer les anges aux femmes.

Ma santé va de mieux en mieux. Je prends les bains

1. Madame Frédërique Varnhagen {Bahel), et non pas Frédérique Robert.

de mer pour la rétablir complètement, et je flotte de nouveau sur la mer du Nord, qui me veut du bien parce qu'elle sait que je la chante. La mer est un brave élément. Quand j'en suis longtemps éloigné, j'éprouve une véritable nostalgie. Mes Tableaiix de la mer du.- Nord sont écrits con amore^ et je suis charmé qu'ils vous plaisent. En général, combien je suis heureux que mes Reisehilder aient trouvé bon accueil chez vous ! La Jettre de madame deVarnhagen m'a ravi, vraiment ravi, presque enivré. Au fait, je ne l'ai jamais méconnue. Je la connais un peu. Je confesse aussi que personne ne me comprend et ne me connaît si profondément que madame de Varnhagen. Quand je lus sa lettre, il me sembla que, tout endormi, je m'étais levé en rêve, que je m'étais mis devant ma glace, et que j'avais parlé avec moimême, et fait un peu le glorieux. Le mieux est que je n'ai pas besoin d'écrire à madame de Varnhagen de longues lettres* Pourvu qu'elle sache que je vis, elle sait aussi ce que je sens et ce que je pense. Je crois qu'elle a mieux deviné que moi-même les motifs de ma dédicace. Il m'a semblé que je voulais exprimer par là que j'appartenais à quelqu'un. Je cours fougueusement à travers le monde, et par-

fois viennent des gens qui feraient volontiers de moi leur propriété; mais il arrive toujours que ces gens ne me plaisent guère, et, aussi longtemps qu'il en sera ainsi, mon collier portera ces mots : J'appartiens à madame Vamhagen,

Norderney, le 4 août 1826.

. Je ne puis laisser partir la poste sans Renvoyer un salut amical. Je me trouve très-bien des bains de mer, et "C'est la chose essentielle que j'ai à te dire. Je ne trouve pas ici autant de plaisir que l'année dernière, et la faute en est certainement à mon humeur plutôt qu'aux autres : je suis souvent injuste pour ceux-ci. Ainsi parfois il me semble que la belle Hanovrieuse n'est plus aussi belle qu'en 1825. La mer elle-même ne m'apparait plus aussi romantique qu'autrefois. — Ei pourtant il m'est arrivé sur sa grève l'incident le plus doux, le plus mystiquement suave qui ait pu jamais enivrer un poëte. La , lune semblait vouloir me montrer qu'il V avait

encore p.our moi des splendeurs dans ce monde. — Nous ne dîmes pas un mot. Ce ne fut qu'un long et profond regard ; la lune y ajouta la mélodie. — En passant, je pris sa main, et j'en sentis la pression secrète. Mon âme palpita et brûla... Ensuite. j'ai pleuré.

A quoi bon ? Si je suis assez hardi pour saisir promptement le bonheur, je ne saurais pourtant pas longtemps le retenir. Je crains que tout d'un coiip le jour ne se fasse; l'obscurité seule me donne courage. — De beaux yeux!... ils vivroat longtemps encore dans mon âme, puis partiront et se perdront dans le néant, comme moi-même.

La lune est accoutumée à se taire; la mer, il est vrai, babille constamment; mais il est rare qu'on puisse comprendre ce qu'elle dit, et, toi qui es maintenant en tiers dans le secret, tu n'ouvriras pas la bouche, et le mystère restera enseveli dans sa nuit.

Ici, il y a assez de mouvement : c'est la noblesse du Hanovre qui joue le principal rôle; une foule, de personnages princiers. La princesse de Solms est aussi revenue; nous ne conversons plus autant que l'an dernier; elle ne me semble plus tenir aussi intimement à moi, et, quand nous nous rencontrons.

elle me menace ou m'avertit toujours avec son doigt levé, et ne veut pas dire ce que cela signifie. — Quant à la belle personne de G. *, je n'admire plus d'elle que sa voix; je suis suspendu à ses lèvres. Je ne crois certainement pas qu'elle me veuille du bien, puisqu'elle m'a dit dernièrement : « Je vous connais d'outre en outre. »

Adieu; sois aussi heureux qu'on peut l'être dans ce monde !

Norderney (peut-être le lô août 18J(J) ,

La poste m'apporte précisément ta lettre du 11, et, comme un jeune ami est sur le point de partir pour Brème par un bon vent, je puis immédiatement répondre quelques mots à tes chères lignes.

Le lumineux incident au bord de la mer n'est pas aussi important que tu crois, et que ma sentimentalité facilement excitable se l'est figuré; ce fut une étoile, filant dans la nuit avec une rapidité cruelle, et qui n'a pas laissé de trace; — car je suis triste et

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