‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notesChapitre 8 sur 49 · I. Al mmm r «t JkUekf. <V»ir Brmmn et FwMmm · texte numérisé non relu

I. Al mmm r «t JkUekf. <V»ir Brmmn et FwMmm

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beau diamant dans sa resplendissante pureté ne peut-être comparé à la pierre noire, d'une forme étrange, dont le marteau du temps fait sortir de sauvages étincelles. Mais (fue nous font les sots? Vous m'entendrez toujours confesser à haute voix combien je suis indigne d'être nommé à côté de vous. Le professeur Gubitz, m'a prié dès longtemps, de «iMftsenrôtor {MMir le GeêeHschafler ; laais J6 ne fmà vous <M»9dller de vous disperser aiosi dans les jeucoaux^^ien que j'adoiire votre activité littéraire. Lt naCiiJM^avac fe4osi<de poésse, doit vous avoir fait encore ie é&a fvécieirK d'une bonne santé. Voqs {M^fQvez f»fe beaucoup de bien, infiniment lée bien.. . Guenreé fiajsslîee séculaire, au règne de la dOEttîw, ^ «a nui! Yoilez-votts être Ofton frêne d'armes dans cette faitle saifite? Alors, je vous tends joyeRS^raent hi«mn. La poésve, en 8n de compte, n'«st q«'«R M accessoire.

S4 oeUVRES^DB HENRI HEINE

A FERDINAND DUMMLER, A BERLIN

Monsieur,

Des personnes de notre connaissance à tous deux m*ont vanté votre activité et votre loyauté. Gomme ce sont là, depuis que J'ai été déniaisé par l'expérience, les qualités que j'estime le plus chez un libraire, et que je place au-dessus de tout, je viens vous proposer la publication d'un livre dont je suis l'auteur. Il renferme : 1° une petite tragédie (trois feuilles et demie d'impression, à peu près), dont l'idée fondamentale doit être un équivalent du fatum ordinaire, et qui donnera sans nul doute beaucoup à faire au monde des lecteurs; 2° un poënje dramatique plus étendu, intitulé Almansor, d'un fonds religieux et polémique qui se rattache aux intérêts des temps actuels, et qui peut avoir plus de six feuilles; 3* enfin, un cycle de trois à quatre feuilles de Lieder humoristiques dans le ton populaire, dont les journaux ont publié des frag-

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ments qui, par leur originalité, ont provoqué beaucoup d'intérêt, de louanges, et de censures sévères. Du moment que vous serez disposé à accepter mon offre, je vous indiquerai le titre ou je vous ferai part de la petite tragédie, que je destine au théâtre, et qui sera certainement représentée une fois ou Tautre; je désire donc qu'elle ne soit point connue à Berlin avant que l'impression ait commencé, et je ne l'ai communiquée ici qu'à deux personnes, le professeur Gubitz,et le conseiller délégation Varnhagen d'Ense.

Assurément, je ne puis porter moi-même un jugement sur ma valeur comme poète. Je remarque seulement que mes poéteries ont éveillé dans toute l'Allemagne une attention inaccoutumée, et que même la vivacité hostile qui les a accueillies çà et là ne peut être de mauvais augure...

Je ne crois pas être très-cdnnu ici, à Berlin ; je le suis d'autant plus dans mon pays, sur le Rhin et en Westphalie, où, comme je l'apprends de tous côtés, on est très-impatient de la publication de mon volume poétique, longtemps attendu, et qui trouvera certainement là le plus grand nombre de lecteurs. . J'aurai au premier jour le plaisir de vous voir et

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de m*entendre avec voas sur les détails, heiHH raires, etc.

Je su» avec eonsîdératkM) et dévowsmeeA^ etc.

Berlin, le 5 janTier 1823.

Vï

A CUAAI.es IlfHERMANN

Berlin, le 14 ianvier 1823.

Je veux vous donner bonne opinonde ma p(Mietualité à écrire, iaform^, donner des éclaircxssements, etc. Aussi je ne tarde pws à répondre à votre chère lettre du â1 . — Mes amîs, sur ce poiat, «e me prodiguent pas précisénsent ks louanges; le bon Sethe — 'Aites-l'tti qtt« je lui écrirai par le procbaia courrier — n'entotniCTa CCTtes pas an cantique ea riioaneur de mon exactitude ^)tstolaire ; mais tout oda n'est qu« préjugés.

Bisnqae votre amkale lettre oocis ait rappnKdiés rtiift de l'a^tttne d'a<ii moins vingt stations de pos4» (qmlqvie dtose comfne 4e Munster à PotsdamX ^^^^^ éfoignement Tun ée Tautre est «Bcore trop «ensadéraMe, ^ mi ipiintal 4e pom de lettres «rop olier,

^t la correspondance trop Caligante, et ma porefise trop grande, pour que je puisse vous dire, avec les délaib nécessaires, combien votre lettre a ému et réjoui, et cof^alé, et fortifié, et stimulé mon ànîe.

Je m'en tiendrai donc plutôt aux affair», et vous dirai ma manière de voir sur Farticte d^ poblicatknsw

Parrintermédiaire du profeaseur Gubita, laMbrairie M. a emseati i potAi&r lœs poésies^ dcet je n'ai pas reçu m sou vaillant, à Teatc^tioa de quarante

€xemplatresgratuits(une dizaine de cesexemptaircs. Ivraie rare recherebe de ladrerie, ne mont pas été refflis encore) . Je vo«& dis ceci sue rmm pour m\xe o«û»lati<m, car je doute que les honoraires de votre dernier otivrage aient été bien briBants. La librairie M. (son chef se ncwome V.) m'est devenue tellement odieuse, grâce à ses viles écha{^toires et à ses sales et blessantes manières d'agir, que je lui ai fait connaître ces jours-ci, de la façon la plijfê nette, num souverain mécontentemast, et que mon second livre n'y paraîtra certainement pas; déjà cette semaine je vais me mettre en quête d'un antre éditeur : avec ma maladresi^ innée po^p lont «e

qui touche aux affaires, cela ne me* sera pas trèsfacile.

Je vous donne ce détail pour que vous sachiez que je ne puis dans ce moment offrir à M. votre tragédie, ou le recueil périodique que vous projetez ; dites-moi si le professeur Gubitz doit faire cette offre en votre nom... A part M., je ne connais ici aucun libraire; mais cela n'est point nécessaire lorsqu'on cherche un éditeur. L'usage ici est que les écrivains fassent une proposition par écrit à un libraire. Si vous voulez que je m'adresse ainsi en votre nom à quelques-uns des nôtres, donnez-moi des instructions précises. Mais je vous conseille plutôt de leur écrire vous-même de Munster, en disant que vous m'avez chargé de m' entendre de plus près avec eux sur vos offres. — J'espère, malgré la confusion de ces lignes, que vous m'avez compris. Chercher un éditeur est le premier commencement du martyre littéraire. Après les dédains des libraires et les crachats reçus en plein visage, vient la flagellation des thés esthétiques où l'on vous invite, le couronnement d'épines des fades louanges, le crucifiement dans les journaux littéraires entre deux pauvres diables d'écrivains. Vraiment, ce serait à

n'y pas tenir si Ton ne pensait à l'ascension finale.

J'espère que le conseiller de légation Varnhagen d'Ense vous sera utile dans cette pénurie d'éditeurs, si vous voulez l'employer, lui aussi, comme négociateur subsidiaire avec eux. C'est un homme dont la position extérieure, le caractère, le jugement et la loyauté méritent la plus entière confiance, dont je dois l'affection à la belle médiatrice qui s'appelle Poésie, et qui, d'ailleurs, est le seul sur qui je puisse compter dans ce nid de fausseté. L'intérêt affectueux qu'il vous porte est la meilleure et la plus belle chose que mon entremise puisse vous procurer ici. Pour le consulter dans l'affaire des éditeurs, je lui ai communiqué votre lettre, ainsi que la Pusikuchiana, et, pour vous faire un plaisir et en même temps n'avoir, pas besoin, de vous dire moi-même ma pensée sur ces deux brochures, je vous envoie le billet que madame Varnhagen m'a écrit là-dessus avant hier. Pour l'intelligence de ce billet, je remarque seulement que les lettres, si hautement appréciés par Goethe, qui ont paru dans le Gesellsckafter sur les Années d'apprentissage de Wilhelm Meisfer^ et qui étaient signées Frédérique, sont de la plume

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de jotadame Yarnbagen, et que, dans i^'une d'elles, la première, se trouvent quelques expressions presque identiques aux vôtres. D'ailleurs^ c'est la* plus spirituelle femme que j'aie jamais connue, et je désire que vous me renvoyiez ce billet à l'ooeasioii. Il va de soi que le contenu en est comme pris au vif dans ma propre âme... — J'ai lu avec joie vos cbères paroles sur mes poéteries; votre noble franchise 'me prouve que vous me voulez du bien.

Saluez Sethe très-amicalement; dites-lui qu'il me manque beaucoup.

AU MÊME

Berlùk, le 21 janvier i&X

Varnhagen et Gubitz sont jusqu'ici les seuls qm j'aie mis au courant de votre recherche d'ua éditeur. Maintenant, je suis entré en relations avec Dùmmler, pour mes propres écrits ; maîs^ tant que vous n'en exprimerez pas le déâr, je i» lui parlerai pas de votre Périandre : sa -librairie est de peu d'importance. Pour moi, il s'agit d'imprimer

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promptemeot. Je me r^uis comme un enfant de la ^blication de mon livre, — précisément parce que tant d'in£imes canailles sont à mes trousses. Ail«Dâe^¥Ous seulement, vous aussi, à ce que ces faux «d&nts de la Muse tombent sur vous. On me dii qu'on attaque outrageusement votre Erwin; quant à votre Pétrarque^ il doit être au-dessous de toute critique. J'ai adopté le principe d'ignorer toutes les injures dont je suis et je serais l'objeL Je sais qu'il s'est formé une société systématiquement iurganisée pour me mettre hors de moi par des bruits outrageants, et en me couvrant publiquement de bou^. Ci-inclus, un petit échantillon, pris dans le Franc Parleur, Cela me paraît venir d'un pauvre gentilhomme, du nom de U., qui s'est figuré n'avoir qu'à paraître pour être adoré comme Tunique étoile dramatique de notre temps, et qui ne peut me pardonner la méchftncheté intime d'avoir divulgué dans son cercle de société l'existence d'un Immermann. Avec votre bonne santé, je pense que vous ne manquerez pas de rire de tant de misères et de manque d'esprit.

J'ai lu esieore une fois votre écrit sur Gœtfae et Pustkuchen, et ne puis assez Tadmirer. Vous mérî-

tez les plus plus grands éloges. Un écrivain qui pense comme moi parlera bientôt de votre ouvrage dans le Morgenhlatt. — Adieu, pensez à moi avec bon vouloir. Si quelques passages, quelques griefs de mes lettres, vous donnent de moi Tidée d'un esprit' vétilleux, je vous avouerai volontiers que je le suis. Peut-être cela tient-il à mon état de santé ou bien... à ce que je suis encore à moitié enfant. C'est une ruse de ma part, de me conserver enfant aussi longtemps que possible, précisément parce que, dans Tenfant, tout se réfléchit comme dans un miroir : la virilité, la vieillesse, la divinité, et même la scélératesse et la convenance.

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