‹ Correspondance inédite de Marie Antoinette (volume 2)Chapitre 33 sur 34 · IL À ÉTÉ IMPOSSIBLE DE PRÉCISER LA DATE · texte numérisé non relu

IL À ÉTÉ IMPOSSIBLE DE PRÉCISER LA DATE

Ce 26 de may.

Je ne sais, monsieur le comte, si mad. de Stein vous fait confidence de ses démarches et instances icy ; elle tourmente pour être présentée, le roy la croit de très bonne naissance, mais quand personne de la famille n’a été présenté, ilest de règle que les preuves soient faites par devant le généalogiste du roy, ce qui seroit long et dispendieux pour elle, et quand elle en seroit

là, il seroit encore possible que sa présentation a

fut refusée parce qu’elle est abbesse d'un chapitre où on fait des vœux. Je désirerois, monsieur le comte, que vous puissiez la détourner de ce projet, ce seroit lui épargner de la dépense et des dégoûts, et à moi bien des importunités.

Soyez bien persuadé, monsieur le comte, des sentiments d'estime et de confiance que je vous

ai voués depuis que je vous connois.

Je vous préviens, monsieur le comte, que nous allons samedi soir à Paris jusqu’à lundi matin, à cause de la fête, mais il ne sera guère possible de vous voir, à cause de l'office qui tiendra une partie du dimanche, je n'aurois absolument que le temps entre la procession et le jeu. Voyez donc si vous voulez venir à Paris ou non. Peut être pourrai je vous voir lundi à 9 heures du matin, voyez ce qui vous convient le plus. Je vous le mande tout de suite pour que si vous ne comptez pas venir à Paris,

vous puissiez vous arranger en Conséquence.

Ce jeudi 12.

Je vous remercie, monsieur le comte, de la

léttre de ma mère que vous m’awz envoyée.

Votre empressement m'a beaucoup touchée;

voici la réponse que je vous prie de faire passer sans retard.

Adieu, monsieur, vous savez quels sont mes

sentiments pour vous et que Je ne puis changer.

Samedi.

Je serai demain depuis dix heures et demie jusqu’à midi, sûrement seule chez moi. J'aurois grand plaisir à vous voir, car J'ai bien des choses à vous dire, mon âme est plus inquiète et plus agitée que jamais; je ne vous parle pas, monsieur, de tous mes sentiments pour vous, ce seroit faire injure à tous deux que de faire des

phrases pour vous en assurer.

Ce jeudi, à midi.

J'ai parlé au roy, monsieur le comte, il par tage tout à fait votre avis et m'a chargée de vous le dire, vous ferez bien de venir demain après la messe ; le cercle n'ayant point lieu, l'affaire

sera reprise et terminée définitivement.

AU COMTE DE MERCY

Je vous préviens, M" le comte, que le roy est décidé à prendre le deuil jeudi, que la part soit arrivée du non, un plus long retard ne seroit pas convenable et entraîneroit des inconvénients icy. Déjà, comme on ne connoît pas l'éti-

quette de la part, on commence à dire qu'on \

* Cette lettre pourrait être du 14 mars 1790 et se rapporter à la mort de l'empereur Joseph, arrivée le 20 févricr précédent, et au voyage que Léopold, grand-duc de Toscane, fit pour venir à Vienne succéder à son frère.

DE MARIE ANTOINETTE. 325 ne portera pas le deuil. Les marchands murmurent aussi, parce qu'ils craignent que le deuil ne prenne sur la saison du printemps et de l'été. Ainsi, pour éviter tout inconvénient, il vaut mieux dire que la part est arrivée, et quand vous aurez votre audience, ce ne sera que pour les nouvelles lettres de créance. Dieu sait quand mon frère arrivera à Vienne, il y a des nouvelles de Mantoue du 4, il n’y avoit pas encore passé, il me semble qu'il auroit pu se presser dans sa marche un peu plus, et, pas tant dans sa déclaration au Brabant qui est prouvée avoir été faite quelque temps avant la mort de l’emp.

Adieu, monsieur le comte, j'espère toujours vous voir un Jour de cette semaine, c'est tou-. Jours un nouveau plaisir pour moi de vous parler de tous les sentiments que je vous ai voués

depuis si longtemps et pour la vie.

Ce dimanche r4.

326 CURRESPONDANCE

Samedi.

C'est positivement, monsieur le comte, pour éviter toute discussion, et en y réfléchissant bien, que l’on a ajouté l’article, je vous en dirai les raisons la première fois que je vous verrai. Ainsi Jaissons la chose comme elle est, autrement il me semble qué nous retomberions dans la con-

fusion. Adieu, monsieur le comte.

Arrêtez, arrêtez, monsieur le comte, dans la marche de MS. La suite du projet de M' de Gil, se reconnoît à première vue; si les foux se perdent il ne faut pas que les gens sages se perdent avec eux, j'en reviens à votre premier avis. Adieu. |

Voilà ma lettre pour le roy de Naples, elle

n’est pas bien longue, mais je crois qu'elle en

dit assez, car enfin le com. ne peut pas être recommandé comme le chevalier d’Assas. J’oubliois de vous dire qu'it est à propos que le com. ne me fasse pas de remerciments, cela excite la

curiosité et puis les demandes.

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